Arrivés  à la gare des bus de Paraty, je me sens étouffée par cette foule de touristes. Fred m’avait parlé de Trindade, un petit paradis à côté de Paraty (youhou le jeu de mot!) donc on saute dans le 1er bus pour Trindade.

Une fois là bas, Fred part chercher un hôtel tandis que je reste sur le bord de la route avec les enfants.  Ils jouent dans le sable/terre avec leurs animaux playmobil, les gens attendent le bus à nos côtés et le temps défile. Fred galère à trouver un hébergement correct à un prix correct et il se rend vite compte qu’on va soit devoir payer assez cher, soit simplifier nos critères. Il coche l’option 2.

Comme à leurs habitudes, un Brésilien vient à notre aide et emmène Fred dans un camping de touristes Brésiliens. Fred y trouve une chambre et retourne nous chercher.

Je me souviens de ce transfert à pied jusqu’à ce camping… La traversée (remontée) de Trindade pour aller à ce camping, la petite rue qui tourne et qui semble se finir dans les graviers ne me dit rien qui vaille et il est vrai, j’arrive sur la défensive dans ce camping. On est loin des standards français mais l’accueil est sympa et 2 Argentines nous font la promo du lieu.

Notre chambre est située dans le lieu de vie principale: face aux douches et surtout, face à la zone de rassemblement avec la musique et la télé bien fortes… ça promet!

Nous ne pouvons pas utiliser le lit mezzanine de notre chambre et dormons donc tous les 4 dans le même lit double, un petit ventilateur nous aidant à se sentir un peu moins au chaud (aide peu efficace en réalité).

Je vous vends du rêve là hein? Alors pourquoi sommes nous restés dans ce lieu?

 

Pour plein de petites raisons

D’abord soyons honnête, la flemme de refaire nos valises et de repartir: Et puis pour aller où?
Ensuite, il faut le reconnaître, au fil des jours, on se sent comme chez nous ici. Le soir, les gens se rassemblent et très souvent on partage nos repas, on prend un verre ensemble, les brésiliens nous font découvrir des saveurs. ça parle fort, ça rigole, ça boit, ça chante, mais dès qu’on leur dit que les enfants vont au lit, le silence se fait immédiatement… les enfants, c’est sacré. Et les nôtres sont les mascottes du camping! Ruben fait des bisous à tout le monde et dit au revoir avant d’aller au lit.

Dans ce camping, nous allons de rencontre en rencontre:

Victoria et Belem, les 2 Argentines du 1er jour, souriantes, toujours partantes, avides d’échanges elles aussi et puis en mode cool! Belem vient d’El Calafate et nous donne plein de bons plans et Victoria nous parle de culture et du Carnaval de Buenos Aires: on y sera!

Nestor et Miguel: nos 2 body builders, qui fondent littéralement dès que Ruben approche. Les 2 « musclors » se transforment en amour de nounou. On rigole bien avec eux, ils partagent tous avec nous, c’est simple et évident.

Et puis il y a aussi Béatrice et Eduardo. Elle est prof d’anglais, il est moniteur d’escalade canyon. Elle est timide et un peu réservée et lui c’est un enfant dans un corps d’adulte! Comment ne pas s’attacher? Béatrice partage elle aussi tout ce qu’elle mange avec nous: pour le simple plaisir de faire découvrir aux autres.

Et que dire de Fernanda? On passera une super soirée en sa compagnie et à peine apprend-elle qu’on passera à Sao Paulo qu’elle nous invite à aller chez elle (et c’est ce qu’on a fait!!) Un amour!

Et Karicas évidemment, cet artiste chanteur: un peu comme Fred, toujours dans l’animation, celle qui vient du fond du coeur…

Et puis aussi tous les autres, ceux qui vous tendent une caïpi « 100% brazilera » pendant que vous sortez les enfants de la petite piscine naturelle (parce que oui, camping rustique certes, mais on a quand même notre piscine!!!) . Les jeunes qui reviennent de soirée tard le matin (!) sourient simplement quand Ruben et Esteban les éclaboussent au bord de la piscine alors qu’ils tentaient de faire une sieste.

Tous ces gens sont là pour se reposer, passer de bons moments et partager. Certains reviennent chaque année, d’autres sont nouveaux, mais on se sent très vite tous copains. Pas vraiment de barrière de langue avec notre famille.

Il y en a toujours un pour surveiller nos enfants et jouer avec eux, cela se fait simplement et on voit qu’ils ont plaisir à le faire.

Les relations sont simples.

Un matin, je remercie Karicas qui partage son petit déj avec moi (là encore pour le plaisir de faire gouter) et il me répond « pas besoin de remercier, on vit tous ensemble ici. » Et c’est ça. On a trouvé une nouvelle famille. Et elle a grand coeur.

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