Tour du monde et argent: comment faire?

L’argent, c’est parfois un peu tabou mais pour les voyages ça reste un sujet incontournable. Chacun voyage avec ses moyens, des hôtels de luxe au système D, le voyage n’est pas le même, pareil pour les expériences ou les rencontres que l’on peut faire en chemin. Mais dans à peu près tous les cas, il faut bien de l’argent!

Dans ce post on vous dit tout (enfin tout ce que l’on sait hein!) sur l’organisation niveau argent pour un tour du monde en famille

Comment avoir de l’argent?

Ben déjà faut commencer par en gagner et visiblement le travail reste une solution plus fiable que d’attendre de gagner au loto. 😉  (désolée, je sens que je viens de briser quelques rêves!)
Bon une fois que votre compte bancaire est suffisamment garni, comment utiliser cet argent? Comment le retirer?

Il y a des sites avec des infos et des comparatifs sur différentes banques et leur frais pour utilisation des moyens de paiement à l’étranger, je vous recommande notamment: Tour du Mondiste.

  • Pour retirer l’argent, rien de plus simple, une carte de crédit et le tour est joué! Et bien que nenni!  Avec 3 cartes de crédit il nous ait déjà arrivé de rester comme des c…. enfin je veux dire à sec! 

hé oui, entre les DAB (distributeurs) qui n’aiment pas ta carte internationale, ceux qui n’ont plus d’argent (Dieu qu’ils sont nombreux) et ceux qui n’aiment pas les cartes à puce, et bien tu galères… Et ça peut vite devenir très stressant!

Les DAB c’est un peu un mystère pour moi, je dois l’avouer. Certains te disent que ta carte a un problème (??) d’autres te disent que tu dois faire un retrait inférieur à un certain montant et c’est pourtant déjà le cas (grrr!!!!). Il y avait même ceux à Futaleufu, où il fallait préciser que tu étais étranger et là ça fonctionnait… Dans tous les cas tu passes par des étapes obligatoires: choix de la langue, retrait ou consultation compte, retrait sur carte, sur compte courant ou sur placement, code secret, montant désiré, confirmer le montant, veux-tu un ticket et puis après il mouline et te dis oui ou non si ça marche pour toi aujourd’hui. A cela se rajoute des étapes optionnelles comme le choix de ton type de carte et autres excentricités. Bref tu passes 5min par DAB, alors quand tu dois tous les tester pour pouvoir retirer d’un coup plus de 50 euros, tu deviens vite folle.

Astuce qui sert à rien: chercher le logo Visa ou Mastercard sur le DAB et bingo votre carte sera acceptée… Erreur! j’ai déjà vu ces logos mais

  1. le DAB ne prenait que des cartes locales (c’est balo)
  2. le DAB ne prenait pas des cartes à puce (c’est balo bis)
  3. ça marche quand même des fois, je vous rassure, les banques ne sont pas si cruelles!

Pour l’anedocte, il m’est arrivé (à Paraty pour ne pas citer) de passer quasi une matinée complète à faire le tour des DAB, et quand je dis les DAB, c’est que j’ai testé TOUS les DAB de chaque banque. ça c’est de la visite sympa! Jusqu’à ce qu’un gars sympa (celui à qui j’ai changé mes euros, en désespoir de cause) me dise que seul les DAB de gauche dans une certaine banque lisait les cartes internationales…. et là tu pleures car ça veut dire qu’ils sont à cours d’argent et que tu as perdu tout ce temps pour rien!

Il faut dire que les problèmes d’argent arrivent toujours au mauvais moment: tu n’as plus un rond, tu dois quitter le lieux (donc payer l’hôtel et le bus), voir accessoirement te nourrir… et là, tous les DAB sont à sec et les locaux te disent que peut-être demain, si la Lune passe devant Mars en même temps que Jupiter fait un salto devant Saturne, et bien il se pourrait qu’il y ait de nouveau de l’argent. Youpie!

  • les transferts d’argent Tout a commencé avec Florian qui nous a dit utiliser Western Union plutôt que de payer des frais bancaires. Pas bête comme idée! Tu transfères à ton homme (à ta copine/ton copain…  ça marche aussi) de l’argent et bim, tu obtiens ton argent, en monnaie locale. Seul hic, le taux de change est celui officiel. Plus tard on rencontre d’autres français et là ils nous parlent d’un site, Azimo, qui dans le cas de l’Argentine, propose un taux de change supérieur au taux officiel. Plus besoin d’utiliser le blue market (système parallèle de change des pesos argentins en dollars, euros ou autres…) Tout nos retraits en Argentine se feront via ce système (merci à ma mère d’ailleurs qui a fait notre 1er virement après qu’une Alice en panique l’ai contacté sur skype à 23h en France!) Après il vous reste à trouver l’agence où sortir l’argent, vous armer de patience, faire la queue… longtemps…. et sortir avec une énorme liasse d’argent! 
Le blue market en Argentine

Une petite recherche google vous permettra d’obtenir encore plus d’info très facilement mais grosso modo, les Argentins ne peuvent que très difficilement changer leurs pesos pour des monnaie plus stables car l’état contrôle beaucoup. Face à une inflation galopante, le peso perd beaucoup de sa valeur c’est donc malheureusement une réaction normale (à défaut de pouvoir juger si c’est bien, économiquement parlant) que de vouloir « placer » tes économies dans une autre monnaie histoire de ne pas tout perdre. Mais l’état ne les autorise à faire ça que suivant des conditions super strictes (= quasi impossible).

Bilan, quand tu empêches les gens de faire quelque chose officiellement, ils le font… officieusement. Et c’est là que le blue market entre en scène. En Argentine tu as des touristes qui ont besoin de la monnaie locale, et les locaux eux, veulent du dollars ou de l’euro… et sont prêt à payer plus cher que le taux « officiel » actuel car leur monnaie perd malheureusement très vite de sa valeur.

Voilà comment sur le marché officiel 10 pesos= 1 euros (à la louche) et sur le blue market, 15/16 pesos = 1 euros. Et quand tu penses que le touriste est lui aussi frappé par cette inflation (dans une moindre mesure évidemment…) et bien le  blue market, en plus d’avoir un côté  financier évident, tu rajoutes le « whaouhou effect » : « ouah super je suis un aventurier trop malin, j’ai changé de la thune à un mec dans la rue ».

Comment conserver tout cet argent?

  • 1ère technique très répandue chez les voyageurs: les petites pochettes ventrales (un peu comme les bananes, j’en connais d’ailleurs qui les porte à merveille… ah nostalgie!) Petite astuce: mettre les billets dans une pochette plastique (au sein de la pochette ventrale, tu me suis toujours?) Parce qu’en cas de transpi, les billets et ton ventre ne font plus qu’un et ça, c’est moche! 

Perso, on en a déjà perdu une. On passait notre temps à la vérifier, à soulever le tee-shirt pour sortir de l’argent, bref, pour la discrétion, on repassera! Donc ça a été assez inutile pour nous.

  • Au final, pour nous c’est sac ziploc glissé dans un de nos gros sacs et l’argent du quotidien… dans un porte monnaie (original non?).  Et au fait, un seul sac ziploc: on passe parfois plusieurs dans un pays donc on a momentanément plusieurs monnaie en même temps. Donc si en plus il fallait avoir plusieurs sacs de billets à répartir dans nos différents sacs à dos pour éviter un risque de vol, ça serait trop prise de tête, et puis on se connait, on est capable d’oublier un sac de billets et de ne le retrouver qu’à notre retour!!

Comment payer ?

Il est souvent préférable de faire un gros retrait (« gros » = tout dépend de votre budget) et d’utiliser ainsi son argent au quotidien plutôt que de sortir sa CB à chaque paiement comme on le ferait chez nous. (because, frais bancaires) Après, je suis de la vieille école, j’ai gardé ma banque alors qu’il existe surement des solutions moins chères. Je ne sais pas si ceux qui ont des banques avec de faibles frais par retrait utilisent fréquemment leurs carte de crédit comme moyen de paiement. Pour nous, c’est uniquement retrait en carte de crédit. Paiement exceptionnel si gros montant (genre formation PADI).

  • On a aussi pris avec nous des euros. On a pas assez écouté Emilie qui nous disait d’en prendre beaucoup pour l’Argentine. A l’époque, entre le déménagement, l’administratif, les fêtes de fin d’année, l’argentine ça paraissait loin dans notre emploi du temps surchargé. Et puis arrivés en Argentine, la galère a commencé (y’avait déjà eu un aperçu à Paraty = plus d’argent dans les banques car c’est l’été donc trop de monde…)
Notre arrivée en Argentine, ou l’horreur des pesos argentins et des mobiles, quand la malchance s’accumule.

A Iguazu, on pouvait encore payer en reals brésiliens donc sur le coup, on n’avait pas vu le danger. Arrivés à Buenos Aires, on a vite déchanté! Incapable de recevoir des textes sur nos téléphones je ne pouvais pas confirmer une chambre Air n B. J’ai cru que ça se règlerait à Buenos Aires. Après plus de 21h de bus, on débarque donc dans la Capitale d’Argentine, sans pesos et sans chambre. C’est le matin, Esteban a eu un accident (pipi) dans le bus, il est habillé avec mon gilet en guise de pagne. Le terminal de bus est glauque, pas de DAB (enfin si, un mais qui a refusé de me donne de l’argent, j’ai même tenter le retrait de 50 pesos = 5euros… rien ne fonctionnait). Nos téléphones ne fonctionnaient toujours pas. Bref, on est en mode foireux avec 2 enfants qui ont envie de se poser. Oh et au fait, accessoirement, il pleut!

On a du changer des euros (à un taux tout pourri quand on connait le blue market), on a galéré à trouver un hostel, il fallait payer le soir même…. Quand tu n’as pas de tél, tu ne peux pas payer en ligne (car tu ne reçois pas le petit code qu’ils envoient par SMS), donc tu ne peux pas non plus faire un virement Azimo…. et les DAB argentins sont pas avantageux mais surtout ne nous donne quasi pas d’argent (cf celui du terminal de bus).  La pression monte… Tu focalises là dessus complet et tu ne profites plus du tout de ton aventure, tes enfants te saoulent, ton mec aussi, bref c’set un grand moment de bonheur pour tout le monde!

On trouvera finalement de quoi faire patienter l’hostel (convertir nos euros en pesos), ma mère nous fera un virement Azimo et on sortira de la galère des tél… au Chili!

Bref avoir des euros ça peut grave vous dépanner. Des dollars, c’est bien aussi! Sans oublier les travellers cheques: pratique car en cas de vol, si on a noté auparavant leur référence et bien on a rien perdu en fait!

On évite aussi de trop retirer quand on arrive à la fin d’un séjour dans un pays pour éviter de changer l’argent (il semblerait pourtant que parfois, les taux à la douane soient super intéressants…).

Le budget

A une époque, avec Fred, on réfléchissait à comment dépenser nos millions gagnés au loto: un tour du monde ça c’est sûr! Avec les vols long courrier en business (ils acceptent les enfants?) parfois un chauffeur privé sinon au moins la voiture mais en tout cas, la version confort. Peut-être même, prendre une nounou de temps en temps, et même une villa avec piscine en Asie. Ah ouais le top!!!

Et puis après réflexion, on a eu peur que ce genre de voyage ne soit pas très … authentique… Comment rencontrer les gens dans de telles conditions? Comment ne pas avoir une vision biaisée?

Bref on s’est dit que finalement, un bon voyage à la roots, ça serait cool aussi. (et ça tombe bien car en fait, on ne joue jamais au loto…)

Donc nous voilà parti pour 18 mois, à 4. On doit être carrément riche???  C’est clair! … comparé à un Bolivien ou à un Népalais! (riche d’argent on est bien d’accord car riche de sagesse, d’expérience ou de bonheur, ça se discute pas mal!)
La réponse a déjà été évoquée dans un de nos posts « Vous êtes courageux! »et on reste convaincus que c’est une question de choix. Quitter son job, a priori, en France, tout le monde peut le faire… Reste à savoir si on VEUT le faire, si on est PRET à le faire et pourquoi souhaite-t-on le faire. C’est risqué, c’est vrai. Mais si on en ressent vraiment le besoin au fond de soi, il y’a certains choix qui paraissent juste vitaux. Je peux vous jurer que de se séparer de plein choses, et bien ça nous a fait un bien fou!!!

Bon, j’arrête d’essayer de convertir tout le monde à la joie du voyage, passons pour de vrai à la question du budget.

C’est donc un vrai budget c’est clair, on ne va pas se mentir. Après tout, un peu comme quand on vit 18 mois en vacances… J’essaye d’être honnête, on est assez roots dans ce voyage donc une partie du budget ressemble pas mal à la vie « classique » = manger, boire, dormir, se déplacer. J’aurais donc pu vous dire : on dépense autant que vous après tout car la vie est moins chère dans les pays où l’on va. Mais il y’a aussi le côté « activité » qui rentre en jeu dans un tour du monde: tu ne fais pas tout ces trajets pour ne pas payer l’entrée d’un parc.. même si c’est 25 euros/personne pour voir un joli paysage (Perito Moreno, spécial dédicace). 

Dans notre cas, je dois avouer qu’on n’a même pas fait le calcul pour comparer 18 mois de vie en France et 18 mois en voyage. Peu m’importe en vérité, car de toute façon, le choix était pris de façon évidente, pas besoin de comparer pour légitimer quoi que ce soit, on est convaincus qu’on a raison de le faire.

On a eu la chance de se voir refuser l’accession à la propriété en France après avoir économiser (et donc travailler comme des dingues) pendant quelques belles années. (déjà évoqué là: pourquoi ce projet?) Donc l’argent, on l’avait. On a juste décider de changer de projets et finalement d’en prendre un qui nous correspondait surement mieux (même si on a toujours envie d’avoir un « chez nous »).

On a calculé notre budget via un outil au top et gratuit (je me sens comme une commerciale à 2 balles mais franchement ce truc on l’a adoré direct). Ce n’est pas nous qui avons développé ça, mais 2 voyageurs qui ont compilé plein d’infos sur tout plein de pays. Et voici ce petit bijou. C’est tout con: un tableau excel mais c’est en fait une mine d’or: tu rentres la durée de ton voyage et le nombre de participants et là se créent autant de cellules que de semaines de voyage. Il ne te reste plus qu’à dire où tu comptes aller, chaque semaine.

L’estimation du budget inclut la nourriture, l’hébergement, le transport et les activités. En gros presque tout, en dehors des billets d’avion.

Petite cerise sur le gâteau, on te dit même si d’un point de vue météo, c’est le bon moment pour partir dans ce pays ou non. Cet outil a été évidemment très utile pour nous.

Ensuite, quelque chose de tout bête: au sein du voyage, on fait des choix. On a choisit d’éviter les pays trop « développés » (brrrr c’est moche comme expression) et on a pris des pays moins chers. Ensuite on a pris des pays limitrophes, pour pouvoir passer de l’un à l’autre en bus et d’éviter de prendre 20 fois l’avion. On a donc supprimer pas mal de pays. Pour ce voyage. Il nous en reste encore beaucoup d’autres à faire.

5 plusieurs commentaires

  1. Un voilà un beau résumé. Je vois que même à l’autre bout du monde tu nous régales de ta parole. Arriver à faire une référence à la personne de la banane est aussi une prouesse. Bises

  2. Oui, je me suis lâchée. Au début, pas trop d’inspiration et puis ensuite, une Alice qui ne s’arrête plus (normal quoi!).
    Pour la banane c’était trop tentant!! Je la revoies dans ma tête et j’en frissonne!
    Bises

  3. Ouaouh !!!!!!!!! impressionnante Alice!!! j’avoue que cet aspect du voyage , assez nébuleux vu de loin, ne me paraissait pas aussi dingue !!!belle expérience en tout cas qui aidera un grand nombre de rêveurs !!

  4. Bonjour,
    J’ai lu cet article avec attention et donc d’après ce que j’ai compris, vous n’avez pas du tout de revenus pendant ce voyage. Juste vos économies?
    https://travelingaddress.wordpress.com/2016/02/14/oslo-etudiante/

  5. Exactement Ellie! Juste des sous de côtés initialement prévu pour l’achat d’une maison mais le crédit nous a été refusé.

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