Pour ne pas se faire voler en voyage, il faut toujours être vigilant. On le sait tous, c’est évident. Ensuite, il y a la vie: fatigue, maladie, longs trajets de bus…. On ne peut pas être vigilants à 100%, tout le temps.

Nous avons passé plus de 6 mois de voyage sans tracas. Et bim, 2 vols en Equateur.  Les 2 ont eu lieu dans un bus. Tristement banal. Mais heureusement, sans violence physique. (Récits plus bas dans l’article)

 

« C’est pas grave, ce n’est que du matériel! »

Pour le principe, on est bien d’accord. Les enfants sont à nos côtés et en bonne santé, nous aussi. L‘important est là. Il y’a des choses bien plus graves qui arrivent dans le monde.

Mais en fait, ce n’est pas tout à fait vrai, ce n’est pas QUE du matériel.

Se faire voler, en voyage, dans ces circonstances, alors que tu voyages depuis des mois, il faut l’avouer, c’est vexant.

Tu as beau retourner la situation dans tous les sens, tu as beau savoir que nous n’aurions rien pu faire d’autres, tu es vexé(e). Tu te sens un peu diminué dans ta capacité à bien gérer ce voyage. C’est vrai, jusqu’à présent, en près de 6 mois, aucun gros bobo, pas de vol, que de super rencontres…

Alors oui on sait, ça n’arrive pas qu’aux autres mais quand ça t’arrive, et bien tu descends de ton petit nuage. Et il était doux et confortable ce petit nuage. On y était bien installés. C’était agréable de se dire que le monde était beau, les gens étaient gentils (pas en mode oui-oui, juste en mode « la vie est belle » simplement). On avait la sensation de gérer presque comme des chefs (sans attendre de médailles).

 

Ben… maintenant on fait quoi?

Alors, ça oui c’est le gros avantage: sans ordi, sans tablette et sans téléphone, adios la technologie! Fini les dessins animés et les rares films qu’on se regardait tranquilles le soir. Fini aussi la possibilité de prendre des infos sur internet, simplement dans la chambre pendant la sieste du Ruben. (le café internet en voyage en famille c’est un peu reloue faut le reconnaitre… et nous n’avons pas de guide de voyage). Impossible aussi de trier les photos et de continuer notre blog.

On a finalement acheté un UNO et on se fait des parties en famille. Cool, on passe des moments ensemble!

Sauf, que petit rappel, on en passe déjà pas mal (et ça nous convient hein!) donc, on n’était pas non plus en manque de ce côté là.
Et puis dans le concret aussi, alors que tu viens de te faire voler à l’autre bout du monde, tu es hors de contact de tes proches.

 

On finit par douter du voyage

Oui oui, faut être honnête, vous le savez, on n’aime pas la langue de bois. Donc oui, on a douté de notre voyage. De cette façon de voyager, de partir, avec les enfants, à l’autre bout du monde.
Je vous rassure, on sait aussi très bien tout ce qu’il y a de super dans ce que l’on fait, et c’est d’ailleurs pour toutes ces raisons qu’on le fait. Mais là, il y a une brèche.

Fred se met à douter pour la sécurité des enfants. Douter de ses compétences pour nous « protéger ».  Pas facile de mettre des mots sur ces maux.

Je crois que ce qui nous abime le plus, c’est cette sensation qu’on a été un peu « traumatisés » et que par conséquent, nous n’avons plus – pour le moment – cette même fraîcheur dans la dynamique du voyage, dans la rencontre avec les autres. Ce n’est certes que passager, mais sur le moment, c’est intense et c’est décevant.

Alors attention, encore une fois, je sais bien qu’il y a pire sur terre et qu’il faut relativiser. Oui mais voilà, on fait comme on peut, nous sommes des sensibles Fred et moi, pas des robots.

Nous n’aimons pas ce que nous ressentons: cette crainte face à l’inconnu alors que d’habitude, l’inconnu, c’est un moteur pour nous. Nous n’aimons pas non plus cette sensation de danger, d’insécurité. Nous ne la ressentions pas avant. On ne veut pas avancer comme ça. Ce n’est pas notre façon de voir le voyage.

On décide de quitter l’Equateur

Pour passer à autres choses. Sans rancune avec l’Equateur. Un pays ne se résume pas à ça, jamais. (On ne résume pas Paris à ses pickpockets?) Mais besoin de bouger.

Fred hésite à aller en Colombie, les préjugés veulent en effet que ce soit un pays dangereux alors que l’Equateur bof, pas de préjugés!! (vous le voyez, typiquement, ce genre de doutes, on ne l’avait pas avant!)
Il se raisonne (le prix des billets d’avion pour aller direct au Costa Rica nous calment aussi…) et on se lance pour la Colombie.

La Colombie nous a guérit!

On est sur nos gardes à présent, ça c’est acquit. Mais la Colombie et les Colombiens savent y faire!

Les paysages sont sublimes (ce n’est pas le seul pays dans ce cas je vous l’accorde) et les gens… pffiou! des amours!

Nous avons pu racheter des mac en Colombie (500 euros moins cher le mac pro qu’en France, ça valait le coup!). On quitte la boutique et il fait nuit. (il est genre 19h00) On demande avant s’il ne vaudrait pas mieux  prendre un taxi (l’hôtel est à 4 blocs mais maintenant, on frôle un peu la paranoïa.) Le gérant nous rassure. On retire les emballages et on glisses les ordis dans mon sac comme si de rien n’était. La jeune fille qui s’est occupée de nous peut enfin quitter son job pour profiter de son samedi soir (elle vient de se taper 1h de boulot en plus grâce à nous – les boulets) Son copain est là aussi et l’attend calmement.

Spontanément, ils proposent de ramener notre petite famille car notre hôtel est sur leur chemin. C’est simple, c’est naturel. C’est Colombien!

Je pourrais vous en citer des tonnes d’exemples de ce genre, de gens qui donnent spontanément à manger aux enfants (ils viennent d’acheter la dernière tranche de pastèque alors qu’Esteban en veut? Mais tiens, prends en une tranche « mi amor »), qui veulent nous aider, nous rencontrer, échanger… Un glacier m’a fait la dégustation de ces glaces, par simple fierté de son produit fait maison. Pas d’attente en retour! (et quand ça touche à la bouffe, ça me touche!)

Aller voir cet article « Pourquoi il faut absolument voyager en Colombie »  de la famille Tour du monde à 80 cm et vous verrez: on pense tout comme eux et on confirme aussi pour la politesse ici.

En Colombie, on t’appelle « mi amor », la patronne de l’hôtel peut te taper la bise pour te dire bonjour chaque matin. Le « bienvenue », « à votre disposition », « avec plaisir » sont des mots de politesse DE BASE et prononcés avec le sourire, le vrai!

Je suis ravie d’être en Colombie et de découvrir ce pays comme tous les autres que nous avons eu le plaisir de découvrir.

Mais je dois avouer qu’il y’a ici un petit truc magique, la géographie (ou notre bonne étoile?) a bien placé ce pays sur notre chemin, au bon moment. C’est tout ce dont nous avions besoin pour reprendre notre voyage dans le même état esprit qu’avant!

Le monde est beau, le monde est à découvrir, à partager et nous sommes ravis de faire ça avec nos enfants, tous les 4!

On oublie nos mésaventures et on repart sur une belle page blanche qui promet de vite devenir très colorée!

[divider]

Récits des 2 vols

Premier vol

Ca commence par un trajet de bus entre 2 villes. Esteban est malade mais le chauffeur refuse d’ouvrir les toilettes du bus. Je m’énerve. Finalement le chauffeur accepte de s’arrêter un peu plus loin. Esteban va pour descendre et je le suis, tandis que Fred reste près des affaires et de Ruben qui dort. Mais Esteban se prend une grosse gamelle dans les escaliers et hurle tant que Fred accoure persuadé qu’il s’est cassé un truc. Le chauffeur nous fait comprendre qu’il faut se dépêcher et à la hâte, nous sortons tous les 3. Erreur. Le voleur se sert tranquillement dans mon sac à dos et dans le porte-feuille. Un mac pro et une tablette en moins, ainsi que 600 dollars. Il a bien gagné sa journée celui-là.

Nous pour le moment on ne s’apercoit de rien. On loupe même l’arrêt pour notre ville. (des gens descendent dans un no man’s land, c’était là…) Quand on réalise, on demande au gentil chauffeur (humour) de s’arrêter au plus vite. On attrape les enfants et mon sac à dos et Fred part chercher les affaires en soute.

Au moment de mettre mon sac sur le dos, je le trouve étonnamment léger. Fred comprend tout de suite (je suis un peu lente comme fille).

On est abasourdis, au bord d’une route… comme des cons j’ai envie de dire.

Au vol, s’ajoute la mauvaise volonté du chauffeur. On lui dit  qu’on a vu qu’il y avait une caméra dans le bus, le vol a du être filmé? Il nous assure que non, la caméra n’enregistre pas, c’est juste un contrôle en live. Un touriste nous propose de « fouiller » le bus histoire d’être sur que le voleur n’y est vraiment plus (ce qui est très probable mais comme il dit « dans le doute… »). Fred le fait, ce n’est pas évident, il est mal à l’aise tout en étant remonté par la situation.

On ne trouve rien. Les gens s’impatientent dans le bus et le chauffeur veut repartir.

On se retrouve ainsi, au milieu d’une route. Je crois qu’on ne réalise même pas.

On prend un taxi pour retourner dans la ville dans laquelle nous devions nous arrêter. Au moment de payer, nouveau moment de solitude, l’argent a été pris et ce n’est que maintenant que nous le réalisons. Je pars donc avec le taxi sortir de l’argent (heureusement, le voleur, dans son immense mansuétude nous a laissé nos cartes bleues – on en a de secours aussi rassurez vous, on est quand même un minimum organisés) tandis que Fred s’installe à l’hôtel avec les enfants.  Le chauffeur de taxi m’apprend que la caméra du bus filme et enregistre bien. C’est la loi. C’est juste que comme il est illégal de prendre des passagers en cours de route (ce qui se fait pourtant couramment) le chauffeur du bus ne voulait pas montrer la vidéo à la police…

Je sens ma gorge se resserrer…

A mon retour, Fred file à la police et oui l’idée de mentir et de dire que nous avons été agressés nous passe par la tête. Finallement, Fred s’en tient à la vraie version et la police lui explique que la compagnie de bus est en tort – pour avoir refusée d’ouvrir les toilettes. C’est donc notre assurance qui devra se retrouver contre la leur. Il se rend avec la police auprès de la compagnie de bus, mais impossible de retrouver le bus, le numéro de téléphone du chauffeur…. Pas de bol pour nous, la fiscalisation, en charge des dépôts de plaintes, est fermée, il faudra revenir de nouveau demain.

Donc rebelotte, le lendemain et là on tient à Fred un tout autre discours: vous pouvez porter plainte (il est en train de le faire…) mais c’est à vous de voir avec votre assurance… Du côté de la police il est pas vraiment claire si une enquête aura lieu ou non.

Bref, on s’est fait eu comme on dit.

On remet ça!

On est quand même sur nos gardes. On prend le bus à Quito. Le bus est blindé, les gens se bousculent. Fred a glissé mon iphone dans sa poche de short. Le genre de poche où il te faut 2 mains pour l’ouvrir. Mais superstitieux à présent, Fred garde sa main devant, sait-on jamais.
Nouvel arrêt et malgré la foule déjà présente, d’autres personnes montent encore. Une femme un peu petite n’arrive pas à s’accrocher dans cette foule et trebuche sur Fred… bon ça arrive. Mais machinalement Fred remet sa main sur sa poche. Elle est ouverte.

Ca sent mauvais pour mon iphone!

J’ai rarement vu Fred aussi furieux. Le bus s’arrête et là Fred SAIT qui est le voleur. Oui, sauf ce que l’on ne sait pas c’est qu’ils travaillent en équipe et qu’elle l’a déjà refilé à ses complices. Fred demande donc à la fouiller (dis comme ça, ça fait moche hein, mais je vous assure, dans ce genre de cas, tu en as marre de te faire prendre pour un ….) Evidemment elle n’a rien. De nouveau, on loupe notre arrêt. Je reste collée aux enfants et tente de relativiser et Fred enrage pendant ce temps. Là encore, certains veulent nous aider, d’autres veulent que le bus reparte. Assez compréhensible.

On sort finalement du bus, hagards. On devait aller au parc les enfants, c’est bien la première fois qu’on les laisse jouer sans participer. Le coeur n’y est pas.

Translate »
Follow by Email
Facebook
Facebook
YouTube
YouTube
Instagram