Suite à l’interview de Fred sur sa perte de poids, à mon tour de prendre la parole sur ce sujet d’habitude essentiellement féminin! 😉 De mon côté, je suis ravie d’avoir perdu 10 kg car ceux qui me connaissent savent que je suis très gourmande (voir mon article sur mon addiction au Nutella) et comment dire…? bah ça se voit!! 🙂

Donc là, je suis presque à mon poids de mariage et perso, c’est une belle réussite, qui ne m’a demandé aucun effort! Car à l’inverse de Fred, je pense que ma perte de poids est du à quelque chose en particulier. Mon secret minceur c’est le fait d’avoir changé une vie de sédentaire (métro-boulot-dodo) contre une vie de quasi nomade.

Alors certes, on passe parfois nos journées assis dans un bus (et le mix « beaucoup de monde et pas de clim » ça vaut bien une séance en salle de gym niveau transpi!), on va tous les jours au resto (faut voir les restos aussi… c’est pas du étoilé michelin pour tenir un budget Tour du Monde), bref ça fait un peu loin de l’image du nomade.

Mais en réalité, on bouge quasiment tous les 2-3 jours, on porte les sacs, les enfants, on « sort » au resto justement tous les jours donc on marche pour tout, tout le temps. L’exercice est permanent. Comme Fred, il m’est souvent arrivé de ne pas manger le midi tant il faisait chaud et que l’idée de manger une empanada brulante ne me tentait pas. Mais pour autant, je ne renonçais pas (oh ça jamais!) à mes plaisirs: 3 semaines de road trip au Costa Rica? 3 semaines de nutella au petit déj.

Ce qui a vraiment changé? mon rapport à « la bouffe »

Je ne sais pas « comment » à vrai dire… Car d’habitude (donc en gros depuis 30 ans) je suis du genre à parler du prochain repas au dessert de celui d’avant! J’ai du mal à ne pas finir une assiette et mon pire cauchemar (ou mon rêve, ça dépend comment on voit la chose) c’est le buffet: je veux TOUT goûter!!  Vous connaissez ça vous aussi? J’ai appelé ça « l’effet buffet » (oui fallait bien que je me justifie auprès de Fred en ramenant mes 3 assiettes à ras-bord! ;-)). 

Bref, pendant ce voyage, j’ai constaté que mon esprit pensait moins à la nourriture, ce n’était plus un centre d’intérêt aussi important (il garde quand même une belle place, rassurez-vous). Il faut dire que la nourriture française m’a manqué et que même si j’ai eu plaisir à goûter de nouvelles saveurs, je ne peux pas dire que j’ai été complètement conquise par un plat d’Amérique du Sud en particulier. Sauf.. mon jus de maracuya (fruit de la passion). Et bien voilà, c’est typique de ce changement: je rêve de fruits maintenant, un bon jus de fruits frais! (punaise, j’en ai l’eau à la bouche!)

Tant que la nourriture n’a pas été un super plaisir, je l’ai mise de côté. Ce qui signifie que lors de notre retour en France, je me suis – naturellement – remise à penser hyper souvent aux repas!

Mais en dehors de cette période, j’applique tout aussi naturellement quelques nouvelles règles:

je mange quand j’ai faim. Pas forcément aux heures des repas. (on trouve de partout à manger, donc aucun stress à se dire « si je loupe cette opportunité, je ne pourrais plus gouter ça » – oui oui, je suis capable de ce genre de raisonnement!) Alors c’est sûr que c’est plus facile en voyage que lorsque l’on est au travail, où il y’a des horaires et des pauses fixes. – je me contente de ce dont j’ai besoin. Je ne me force plus à finir mon assiette. (A croire que j’ai connu la guerre!!) je ne culpabilise pas. Et ça, c’est énorme! Je veux manger sucré? Et bah ok! Et en réalité ça fait un bien fou! Ne plus culpabiliser évite ce réflexe de boulimie compulsive typique de la fille au régime: « ah bah tant qu’à enfreindre mon régime, j’y vais à fond… Foutu pour foutu… autant y aller gaiement! »

La Alice d’avant

J’avais lu, il y’a un petit moment déjà, le livre d’un nutritionniste que j’avais trouvé TRES intéressant (le livre). Il avait revu une de ses patientes quelques temps après un régime superbement bien réussit. Malheureusement elle avait tout repris (voir plus) et était donc très mal dans sa peau. Peut-être même dans un pire état psychologique que celui qui l’avait conduit à faire ce régime. Car depuis, elle avait connu un échec. Et ça fait mal. Et comme pour beaucoup de personnes en surpoids, la nourriture est un refuge… vous voyez très bien le cercle vicieux qui se met en place. Ca va plus loin – selon moi – que « l’effet yoyo », ça joue sur notre perception de soi et notre capacité à reprendre le contrôle de notre corps.

Ce nutritionniste avait finalement décidé de refuser d’imposer toutes ces privations à ses clientes et de plutôt les aider à adopter de bons comportements alimentaires, de façon définitive.

Ca commençait par retrouver des sensations très importantes: la faim (et non pas l’envie de manger) et la satiété.

Je ne vous raconte pas toutes les expériences mais je trouvais le principe enrichissant: il fallait comprendre son corps de l’intérieur et réapprendre à avoir un bon rapport avec la nourriture. Pas de produits interdits, pas de limites autres que celles imposées par notre corps. Cela signifie donc également reprendre confiance en ce corps que l’on a si souvent maltraité et croire en sa capacité à nous équilibrer. Croire en lui pour croire en soi.

En effet, ça parait évident mais c’est ridicule de se priver pour perdre du poids et ensuite remanger normalement (avec une phase d’adaptation évidemment). Beaucoup de gens (pas tous) n’ont tout simplement pas les bonnes habitudes alimentaires, mangent de façon compulsive, enfouissent des soucis dans la nourriture.

J’en fait parti.  

Je peux me priver pour perdre  du poids (remarque: ça devient de plus en plus difficile avec le temps, l’âge, la vie sédentaire, les grossesses…) mais ça ne règle pas le vrai problème: mon rapport à la bouffe. 

Je suis heureuse? Je mange! Je suis malheureuse? Je mange! 😉

Il y’a des aliments que je pouvais manger de façon complètement compulsive, jusqu’à écoeurement. Et perso, sur le coup, je ressentais un grand réconfort, et par la suite, un sentiment de nullité absolue, d’où un énorme besoin de réconfort… Je ne vous fais pas de dessin, la nourriture et moi, on n’a pas une relation très saine.

Enfin, on n’AVAIT pas une relation saine… car maintenant ça va mieux!

Mon cheminement minceur

Clairement il y’a eu ce livre dont je vous parlais.

Et puis il y’a eu le yoga. Le yoga ne m’a absolument pas aidé à perdre du poids… en tout cas pas directement. Il m’a aidé à réapprendre à aimer mon corps et donc le respecter. Et puis réaliser ce lien entre le corps, l’esprit. Le besoin de se faire du bien de l’intérieur.

Il y’a eu en fait toute une démarche globale: manger mieux, plus sain, de saison, locale. Manger moins en quantité mais mieux en qualité. Alors ça fait beau sur le papier et dans la vrai vie, la conclusion que tout le monde a c’est « c’est cher ».

Oui et non. C’est évidemment cher de manger, comme avant, et juste rajouter l’étiquette bio. Mais si on apprend à manger différemment, plus de légumineuses par exemple, moins de viande surtout. Si on apprend à s’arrêter à satiété, on réalise que nous mangeons trop. Peut-être même que nous bouffons trop surtout. Manger c’est d’abord préparer son repas, y mettre de la couleur, le cuisiner. Puis le déguster. Lentement.

J’accepte aussi de ne pas être parfaite, je peux « craquer » pour un fast food (c’est moche hein?). Je ne sais pas être radicale. Pas avec la nourriture. Ca doit aussi rester un plaisir. 

Et à présent mon plaisir ça peut aller d’une super salade (je vous raconte pas le manque de crudité en voyage!!!) à une assiette de frites (valeur sure internationale…) ou un super smoothie. J’ai toujours eu un gros penchant pour les aliments « trop gras, trop salé ou trop sucré ». Je les aime encore, certains moins, mais surtout, j’aime aussi maintenant des aliments « plus sains ».

Et puis il y a aussi quelqu’un qui m’a beaucoup influencé. Ma maman. D’abord parce qu’elle cuisine super bien. Mais genre vraiment super bien. Elle m’a donné le goût pour la cuisine (je pense que c’est pareil pour mes soeurs d’ailleurs).

Elle a surtout réalisé un tournant récemment, dans sa façon de manger. Plus de viande, plus de laitage, plus de gluten. Radicale, non? Et surtout: qu’est ce qu’elle doit bien pouvoir manger quand elle retire tout ça de son alimentation??

Et bien plein de choses au final! Elle passe beaucoup de temps en cuisine, elle adore ça, elle utilise plein d’épices, des farines de châtaignes, de maïs ou de riz. Elle essaye des nouvelles recettes, elle teste, elle se trompe et elle fait de belles réussites. Elle se fait des jus de fruits frais tous les jours, des galettes de légumes, des tempura, des curry. Quand elle m’envoie des photos de ses plats (si si!) c’est toujours très coloré et ça donne super envie d’en manger!

Bref elle s’éclate en cuisine et ça lui réussit car on dirait que ma maman a rajeunit.

Mais surtout surtout surtout, ma mère n’essaye pas de convaincre quiconque qu’elle a raison et les autres tort. Non. Chacun fait ce qu’il veut (ce qu’il peut aussi?) et si elle va chez des amis ou dans une soirée, elle mange ce qu’il y’a. Tant pis s’il y’a de la viande, ou des laitages.

Elle est une source inépuisable d’info sur cette façon de manger, de vivre. Mais en aucun cas, elle ne fera du prosélytisme.

La suite?

J’avoue que je flippe un peu pour notre retour définitif. Je ne veux plus que la nourriture prenne trop de place dans ma vie. Pourtant, ça reste un plaisir et ça non plus je ne veux pas que ça change (attends un peu, c’est pas un peu paradoxal ça??? Ah mais oui, je suis une fille => normal!!)

Fred n’est pas aussi gourmand que moi mais il est en revanche très décidé et déterminé. A notre retour, on voudrait ne plus manger industriel, cuisiner ensemble (à mon avis,  mieux que de regarder un film à la c.. avachis sur un canapé…), (re) découvrir de nouvelles saveurs et de nouvelles manières de cuisiner. En quelque sorte, c’est aussi un nouveau projet et on aime les challenges, on a besoin de défis.

Donc on va essayer de ne pas reprendre le poids qu’on a perdu tous les 2. Ces kilos superflus ne nous manquent pas!

Et vous c’est quoi votre rapport à la nourriture? Gourmand? Gourmet? Vous êtes plutôt sain ou vous adorez les excès?

 

 

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