Mon retour de tour du monde à MOI – Partie I

Oui car vous vous en doutez bien, Alice la pipelette n’allait pas se contenter du post de Fred pour vous raconter sa version des faits! Evidemment que non!

Je pense aussi tout simplement que chaque personne a son propre ressenti, et le mien, il est vachement important! 😉

Allez, en vérité, sur ces notes pleines d’humour, se cache une réalité plus sombre. Mais ça aussi ça se partage, pas vrai?

J’ai été contacté par Vanessa, de Tour du monde à 80cm. C’est une famille, partie en tour du monde avant nous, avec qui nous avons virtuellement sympathisé. Le virtuel est parfois assez fort, reconnaissons-le, surtout quand on partage pas mal de points communs. (c’est pas vous qui allez me contre dire sur ce point là, n’est ce pas?)

Bref donc Vanessa me contacte avec ces quelques mots:

Ça va le moral? Hésite pas si besoin de partager ce que tu ressens. Je connais. C’est troublant de rentrer. Bon retour

Et ça c’était 10 jours après notre retour. J’étais prête à lui faire un petit retour rapide du genre:

Attends, ça va super top méga cool. Tout va bien, on a plein de projets, de challenges. Tout le monde nous a dit que c’était dure, c’est vrai. Et même si c’est pas faux et bien nous avons décidé de regarder la vie du bon côté, de rester dans une dynamique positive…

Bla-bla-bla!!! 😉

Car je ne lui ai pas répondu et qu’en fait, mon discours il a un peu évolué…

Alors après cette intro de la mort qui tue, ça vous tente de lire mon ressenti, de façon chronologique? Vous êtes prêt(e)s à rentrer dans les méandres tortueux de mon cerveau survolté? (—> et là j’ai déjà perdu la moitié de mon auditoire…)

Le retour… avant le retour!

Alors pour commencer du début, en vrai, le retour il a commencé à me turlupiner … avant le retour! Les derniers temps en Australie (oui car ça reste flou), j’ai eu parfois des petites boules au ventre. Moi qui ai adoré tout l’imprévu que l’on avait distillé dans ce voyage, je me retrouvais la gorge serrée face aux incertitudes liées à notre retour.

Pour vous refaire un petit récap: nous avons tout plaqué pour ce beau voyage (travail, appart…) et donc, même si nous ne voulions pas nous sentir paralysé pendant le voyage, nous savions que le retour serait un peu difficile. Qu’à cela ne tienne, cela n’a nullement limité notre bonheur tout au long de notre périple. Nous avons appliqué (plutôt facilement) la philosophie « profitez de l’instant présent ».

A mi-chemin, nous avons évoqué notre retour, sereinement. Les parents de Fred ont un studio à la montagne, et ils nous l’ont gentiment proposé. Un énorme merci à eux.

Une fois l’hébergement résolu, le plus gros était donc fait!

Le voyage a donc repris son cours normal, avec nous, toujours aussi sereins.

Les doutes m’assaillent

Mais je dois avouer que plus le retour se rapprochait, plus des questions devenaient lancinantes en moi: un studio à 4, c’est un challenge. Même si nous avions passé 1 an et demi tous les 4, H24 ensemble, à dormir dans la même chambre d’hotel voir dans le même lit, nous avons aussi besoin à notre retour d’un « chez nous ». Comment on va se sentir dans ce studio?

Et point de vue boulot? On repart à zéro, on arrive dans une nouvelle ville, une station de montagne, a priori le plus probable pour nous sera un travail de saisonnier… Bon je crois que Fred et moi avons abandonné (l’avons vraiment eu d’ailleurs) l’idée de faire « carrière » alors saisonnier ne résonne pas en nous comme un gros mot ou un « déclassement ». N’empêche que pour moi, ça reste flou. (Fred a déjà travaillé en station…) Je vais pouvoir faire quoi comme métier??? (disons que devenir prof de ski, pour le bonheur et la sécurité des enfants, faudra y repenser!!)

Et puis nos amis??? Autant, j’ai la chance de me rapprocher de mes frères et soeurs, autant on s’éloigne de nos potes. Et désolée de me la pêter, mais nos potes, ils déchirent!!!

Alors tant qu’on était en voyage, loin d’eux, par notre choix, on assumait relativement. (appréciez quand même le « relativement » car j’ai perso eu des bons blues!). Mais là, nous sommes de retour en France… et pourtant!

Car même si les distances deviennent ridicules quand on réfléchit à toute la distance parcourue ces derniers temps, et bien de ne plus les avoir près de nous, c’est juste une plaie.

Et puis, est ce qu’on va se faire des potes à Chamrousse??? (oui c’est le nom de notre nouvelle vie/chez nous/maison/boulot)

Les gens qui nous connaissaient avant, en soit, ce Tour du monde n’a pas trop changé la façon dont ils nous regardaient: nous sommes des fous! 😉

Mais pour les autres?? Est ce qu’ils ne vont pas nous trouver « trop »? Trop baroudeurs, trop « je me la pète, j’ai parcouru le monde »? Car, même si je sais que l’on peut maîtriser un peu l’image que l’on envoie aux autres, je pense aussi que l’interprétation de l’autre côté, ça, je ne la maîtrise pas!!

Bref, Alice est face à des doutes, des inquiétudes. Et sans dire que ça me ronge au quotidien avant ce retour, il faut être honnête, quand ça me prend, je suis prise de vertiges!

Et c’est là pour moi un paradoxe hyper déstabilisant. Nous avons vécu 1 an et demi à l’arrache. A l’exception de l’Inde nous n’avons rien réservé/planifié (et encore, pour l’Inde on réservait une chambre la veille pour le lendemain). Nous savions rarement où se trouvait la prochaine étape mais nous y allions surs et certains! Tout ça rendait ce voyage incertain, palpitant, ouvert à l’imprévu. Et moi, j’adore ça!

Et bien tout l’imprévu du retour me paralysait. Logique non? A quoi ça sert d’être une grande aventurière sans barrière et sans limite face à des terres inconnues (laissez moi rêver SVP – et me la pêter un peu) pour se retrouver, chez soi, prise d’inquiétudes dignes de midinette??? (ouais, car en vrai, ça me fout un peu la honte, mais pas de tabou entre nous !)

Donc déjà cette partie là, je ne peux pas dire que je l’ai bien vécu. Et nous ne sommes toujours pas revenu de notre Tour du Monde ! (je sais, ça promets!)

Et là le drame, le vrai

L’attentat de Nice. J’ai écrit ces quelques lignes ci-dessous juste après. Je crois qu’elles reflètent bien mon ressenti sur le coup…

Hier soir (heure Australienne), nous sommes arrivés à Sydney et comme des bienheureux, nous nous sommes installés dans l’appartement que nous avions loué. Un luxe pour nous d’avoir autant d’espace et de confort. On dirait des enfants sur gâtés à Noël!!!

Ce matin, on se lève, et nous réalisons que nous ne rêvons pas! Tout ça est réel!

Et de l’autre côté du monde, chez nous, à Nice, un camion écrase la foule venue admirer le feux d’artifice du 14 juillet.

Mon coeur saigne. Je ne suis pas super patriotique, nous avons même quitté la France car nous ne nous y sentions plus bien. Nous voulions faire un break pour mieux savoir apprécier ses qualités. Après 1 an et demi sur les routes du monde, il est évident, pour nous, que la France recèle des merveilles à faire rougir d’autres pays. Nous sommes fiers d’être Français, citoyens du Monde, de cette magnifique planète.

J’ai tellement de sentiments qui se bousculent en moi!

Mais là, cet attentat à Nice réveille en moi de la colère. Stupide non, quand on sait ce qui se passait déjà avant?

Car au final c’est d’un (triste) banal quand on regarde à l’échelle du monde. Dans une quasi totale indifférence, des femmes, des enfants, des hommes se font tuer au quotidien dans le monde, dans des attentats aveugles….

Et il faut que cela arrive chez nous pour que cela nous touche… Il faut que ça arrive chez MOI pour que cela ME touche. Ou en tout cas, me touche vraiment. Me bouleverse plus que les autres. Je ne suis évidemment pas insensible à tout ce malheur, toute cette injustice et toute cette souffrance inutile de part le monde. Mais je réalise que se jouent en moi des émotions dont je n’ai pas l’entier contrôle : mon empathie est plus importante quand je me sens concernée. Perso, ça me désole même si je comprends le mécanisme.

Avant cet attentat, j’avais prévu dans ma tête de vous concocter des posts depuis Sydney, parlant de notre retour, nos derniers jours, un truc sympa qui bouge bien, qui donne la sensation (à juste titre ou pas) que le retour, ça peut bien se gérer. J’avais envie de donner du peps, de transmettre de la bonne énergie…

Mais j’avoue que je n’ai pas eu le coeur. Et puis le moment du retour est venu.  (tu le sens là le soupir??)

Bref, avant le retour, je ne suis pas au taquet à l’idée de revenir et mes émotions n’ont aucune logique (ce qui est, reconnaissons-le, tout à fait logique). 😉

Et ensuite ??? Que se passe-t-il à notre retour ??? Parce que, parti comme c’est parti là, Alice elle ne vous vend pas du rêve, pas vrai? A vous gâcher l’idée même de partir faire un tour du monde, juste pour éviter ce retour glauque hein? (oui, je lis en vous comme dans un livre ouvert!! –> je vous ai foutu le cafard)

Et bien, dans la suite (car, accessoirement, pour ceux qui l’auraient remarqué je n’ai toujours pas parlé du retour, le vrai, celui en France….), il y aura de la surprise, des retrouvailles, des séparations, de la bouffe, du vin, de la chaleur (calmez-vous, on est simplement rentrés en été alors qu’on quittait l’hiver Australien!)

Alors toujours accroché pour la suite??? (SVP, dites OUI!)

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