Si on a réussit à vous faire croire qu’un tour du monde, en famille, avec 2 garçons en bas âge, c’était des vacances au club med, c’est que vous êtes des bisounours ou que vous avez loupé des posts!

La vérité c’est que c’est intense, on avait hâte d’arriver en Bolivie pour tester la coca légalement et vérifiez si ça allait booster notre énergie. (Humour, quand tu nous tiens!)

Attention, ce n’est pas difficile, c’est intense ! (subtilité, tout est dans la subtilité…)

Les galères

Oui, nous sommes délicats avec vous et vous épargnions certains aspects de notre vie quotidienne. Ce n’est pas qu’on veut vous faire croire qu’on mène la vie de château mais on se dit que cette vie on l’a choisit, on n’est pas là pour pleurer dans vos jupons.

Mais la vérité, c’est que même en voyage,  des trucs moches, il en arrive!

  • Les accidents de pipi: en soit c’est pas bien grave, mais quand ça arrive 3 nuits de suite, dont une fois dans ton lit et l’autre dans le bus, tu le vis pas toujours bien! (et en plus, faut rester zen!)
  • Les hôtels réservés qui n’ont plus de chambre pour toi (alors que tu arrives avec tes enfants, tes valises, sous la pluie…)
  • Les orgelets ou aphtes que tu ne sais même pas expliquer ce que c’est au pharmacien en espagnol
  • Les problèmes d’argent à notre arrivée à Buenos Aires (c’est par ici)
  • J’ai voulu éviter de prendre nos iphones (non, beaucoup trop modernes, soyons roots) ben voyons! Le partenaire de free en argentine ne fonctionne que sur les tél ayant la 3G, donc nos nokia super résistants mais super vintage old school… ne nous servent à rien! (et surtout pas à recevoir le SMS de code quand tu veux utiliser ta carte bleue, grrrrr!)
  • L’appareil photo de Fred, le bijou convoité des mois avant cette aventure… qui nous lâche au bout de 2 mois. Et dont la superbe garantie ne fonctionne… qu’en Europe! (un post complet par ici)
  • Un spécial combo pour les aventures en vélo: les piqures de taon, l’accident d’Esteban, le froid la nuit, les km qui n’en finissent plus et la pluie qui vient se joindre à la partie
  • Se faire virer d’un hôtel car nos enfants sont trop … « enfants » (même pas bruyants, sinon je l’aurais reconnu). La réceptionniste de la veille avait dû se tromper, on ne prend pas les enfants… ben voyons!
  • Un trajet dans un micro bus à 4 sur une banquette de 2, avec la petite de derrière qui a vomit la moitié du trajet (et c’est long sur un trajet de 5h)
  • Puerto Tranquilo avec son bus pour en sortir 2 fois par semaine dont le jour où tu arrives!
  • Les avions qui décollent à 3h du mat et te forcent à squatter un aéroport vide, avec en plus, un magasin de chocolat fermé (c’est encore pire que tout, nous sommes d’accord)
  • Et j’oubliais aussi nos 5 jours passés à El Chalten, pour voir le Fitz Roy, où Fred ne l’aura vu que le dernier jour, de loin, après avoir fais des treks tous les jours, de nuit aussi, sous la pluie le plus souvent! (quand tu vas à l’autre bout du monde, « éspeciallement » pour voir un truc fabuleux et que tu le ne vois pas, c’est un peu rageant quand même!)

Les blues

On est à l’autre bout du monde, il fait beau, on voit des paysages incroyables et nous sommes en famille. Le monde est parfait, d’où nos sourires colgate sur toutes les photos!

Sauf que parfois, la famille, nos potes, même notre ville nous manque (pas encore le boulot, mais certains collègues oui!). Et alors côté enfant, c’est fugace mais très intense! Dès qu’on fait la classe avec Esteban, la nostalgie remonte: la classe, l’école, la maitresse, l’atsem, les copains tout lui manque et sa maitresse actuelle, elle est trop nulle (la maitresse en question apprécie énormément, of course).

Le blues est encore plus fort après avoir parlé aux copains ou à la famille, le vide est alors plus grand… On a loupé des anniversaires, des dates importantes, on n’est pas là pour les prendre dans les bras.

Le blues, on l’a aussi quand il faut fêter ici des choses sans vous… Esteban a trouvé que l’anniversaire de Ruben était un faux, la sanction est tombée: trop d’adultes, pas assez de cadeaux.

On a aussi le blues de la gastronomie française (et italienne, les lasagnes, c’est sacré), on ne va pas être chauvin (quoi que) mais il y a un certain raffinement dans nos plats français.

Et enfin, le blues, on l’a aussi au niveau de la routine. Et là, c’est une grande découverte pour nous. On se targue de ne pas aimer ça et à vrai dire, je ne crois pas avoir pu utiliser le mot routine depuis que Fred est dans ma vie, mais un chez nous, des courses au supermarché, la soirée copine, la pause entre collègues, la sortie des classes avec les autres mamans… ça manque (ok, je retire les courses finalement 😉 ).

La vie en collectivité

Alors là c’est double.

Déjà la vie en collectivité avec les autres. Pas toujours évident de partager une cuisine, une salle de bain, voir une chambre. On n’a pas tous la même notion de propreté, de douche de 5min max etc… Ensuite qui dit vie en communauté dit qu’il s’agit souvent de backpackers, qu’ils sont jeunes (donc qu’on est vieux… super!) et que pour eux, la vie commence à 22h…

Je pourrais même pousser le vice et vous dire que j’ai parfois la sensation que la notion de backpackers a bien évolué ces dernières années. Pour certains, les voyages n’ont pas ouvert leur esprit, ou pas suffisamment, ou va falloir voyager un peu plus! Souvent ce sont les mêmes, mais il y’a comme une petite course aux tampons sur le passeport mais en gros, la journée se passe sur skype et puis on enchaine 2-3 activités recommandées par les guides de voyage et ça y’est « on a fait un pays » (j’adore cette super expression au passage…).

Rajoutons les backpackers qui voyagent en groupe (jusque là, pas de soucis) et qui parlent super fort car tu comprends, l’hôtel, c’est un peu chez eux (et chez eux, ça doit être un beau b….).

Tant qu’à jouer la vieille aigrie, je lance une spéciale dédicace aux anglophones (pas tous!) qui ne parlent qu’en anglais: « tu comprends c’est LA langue internationale », pas besoin de faire un effort, après tout, ce ne sont que des autochtones!  J’ai même déjà entendu un jeune mec dire qu’il a été hébergé avec 2 filles chiliennes qui parlaient anglais. Tous les soirs, elles ramenaient 6 autres copines (je comprends qu’il soit émoustillé….) mais qu’elles parlaient le « fucking espagnol ».

Moi (être a priori dôté d’une intelligence dans la norme –> je ne suis pas Einstein!) j’ai réussit à apprendre 2 langues étrangères dont cette super « langue internationale », j’envisage donc la possibilité qu’il soit faisable pour d’autres êtres humains (même anglophones) d’en faire de même!

Bon si je suis dans cet état de vieillitude (et d’aigritude) avancée, c’est bien à cause de ma vie de famille, faut le reconnaître! Et tiens, elle aussi, elle n’est pas toujours évidente!

Car, la vie en famille, c’est H24, 7j/7. Alors même si c’est une chance, il faut l’avouer, elle aussi n’est pas toujours facile. Les tensions s’exacerbent, le besoin de solitude s’amplifie… On a la sensation parfois d’être les uns sur les autres et il faut le reconnaitre là aussi, des enfants en bas-âge, c’est sport. Il faut les surveiller constamment, donner la douche, les habiller etc…

On peut aussi rajouter le fait qu’il faut apprendre à lâcher prise avec des enfants: tous les jours, au bout d’environ…. disons 5min, ils sont sales! Et à moins de les changer 5 fois par jour, il faut bien admettre que nos enfants portent des vêtements tout sales!
Après, je relativise et je me souviens de la pub « Petit Bateau » qui disait « A quoi ça sert des vêtements si on peut pas jouer avec? »  (ou un truc du genre!). Donc quand les gens nous regardent genre « mon Dieu, vos enfants sont sales », je leur réponds qu’un enfant avec des vêtements sales mais le sourire est un enfant heureux, point barre!

Je précise que malgré ces galères, malgré ces blues et cette vie en communauté, notre voyage, globalement, ce n’est que du bonheur. Cet article a pour but de montrer le côté obscure du tour du monde, un autre aspect de la vérité du voyage en famille que l’on ne dit pas toujours. Nous n’aimons pas la langue de bois donc on trouvait ça normal de partager ça avec vous. On voulait aussi casser le mythe du voyage parfait où tout s’enchaine comme des vacances parfaitement ficelées à l’avance! Le voyage au long cours, ce n’est pas des vacances car ce n’est pas le but et ça implique donc d’autres moments que les pieds en éventails sur un transat au bord d’une plage aux eaux cristallines. Et une fois que tu as accepté l’idée que ces galères feront parti de ton voyage (un peu comme dans la vie en générale en fait!) et bien tu profites encore plus!!!

Donc le plus important, c’est qu’on s’éclate!

Et en vérité, j’ai du les noter toutes ces galères – au fur et à mesure – car sinon, ça s’oublie vite! …. Beaucoup plus vite que tout le reste! 😉

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