Echauffements

Nous choisissons de résider à Yanque, un petit village tranquille à l’entrée de la vallée. Notre hôtel est tenu par Emmanuel, un français installé au Pérou depuis 18 ans. Nous faisons une rando guidée de 4h en famille pour découvrir le début du canyon et les ruines pré-incas de « Uyo Uyo » et les « aguas termales ».

Pour m ‘échauffer, je pars le lendemain matin à 5h pour 3h de marche dans la montagne à la découverte d’un cimetière pré-incas avec des ossements. Malgré les indications de Manu, je ne trouve pas le site mais je m’éclate dans la montagne à marcher à travers les plantes et les cactus. Comme en Provence, il y a beaucoup d’herbes odorantes dont la « Mounia » que nous avons largement consommée en infusion la semaine précédente à Llachon.

Le jour J

Le lendemain, levé à 4h30 pour prendre le bus collectif de 5h pour la ville de Cabanaconde, point de départ de la randonnée. Pendant 2 heures, je reste debout collé aux autres passagers. Le bus arrive d’Aréquipa et est plus que bondé de locaux qui partent très tôt pour travailler dans les sites touristiques. J’adore ça ! Ils sont trop gentils et tentent de m’apprendre quelques mots de Quechua.

A 7h, je commence la descente dans le canyon et croise les touristes qui remontent après avoir passé la nuit à l’Oasis de Sangalle. Ils sont rouge écarlate et regardent leurs chaussures en espérant voir la fin de la montée. C’est quand même 1127m de dénivelé à franchir entre 2160m et 3287m. Ca manque d’oxygène !

J’arrive à 8h30 à l’Oasis. C’est complètement vide. Les clients vont arriver l’après-midi pour passer la nuit dans les différents lodges pour profiter des piscines d’eaux chaudes.

Je visite l’Oasis et traverse le pont pour remonter de l’autre côté du canyon vers Malata et Cashnriwa (2600m). Je coupe ensuite à droite par un chemin sillonnant dans les vergers en remontant le canyon. Je suis tout seul, pas de touristes en vue. Je cueille et mange des pacay , des figues de barbaries et des avocats.

En chemin je remarque un arbuste bien connu de chez nous : le Pistachier lentisque. C’est fou !

Après 3h de chemins non-balisés, j’arrive à la passerelle de San Juan de Chuccho. Je croise de nouveau une horde de touristes (avec des guides) qui cette fois-ci descendent passer la nuit dans le canyon. Ils ont cette fois-ci la tête haute et me souhaitent bon courage pour la remontée. Dans le groupe j’entends un français pester : « Putain, va falloir remonter tout ça demain matin… » J’observe les prétendants à la remontée et me dis qu’il y a comme même un petit soucis ici. Certains descendent avec des petites chaussures de toile voire des sandales, d’autres avec des énormes sacs à dos ou des sacs de plage. Il y a aussi ceux qui n’ont visiblement pas la condition physique pour descendre et donc pour remonter.

Manu me confirme plus tard à l’hôtel qu’il y a un manque d’information au départ de la randonnée et que l’excursion se vend comme « des petits pains » auprès des touristes. Ma question est :  « Ils font quoi lorsque les touristes ne peuvent pas remonter ? » « Ben, ils ont pas le choix… ! Faut remonter. »

Pour ma part, je mets 3 heures à remonter. Je puise dans toutes mes dernières forces pour terminer. Il faut dire que les 5 heures avant la remontée commencent à se faire sentir. Je suis fatigué… Je me pose très souvent pour me reposer. Ce n’est pas le moment d’avoir un problème car je n’ai pas de téléphone et il n’y a absolument personne sur le chemin.

J’arrive en haut et il reste encore 30minutes de marche pour rejoindre le village. Sur le chemin, Il y a un Quad qui me klaxonne… Il me veut quoi, lui ? Il me propose juste très gentiment de m’emmener… C’est top !

Il est 15h15 quand j’arrive sur la place du village. C’est le désert ! On m’annonce qu’il n’y a pas de bus avant 22h. J’imagine déjà mon arrivée à l’hôtel à 00h00… I M P O S S I B L E !

Un commerçant m’indique un pick-up blanc qui doit prendre la route de Chivay dans quelques minutes. Les deux hommes déjeunent dans un restaurant de la place. Je saute sur l’occasion et demande au conducteur de me prendre dans sa voiture. C’est bon !

Je quitte Cabanaconde à 15h30 pour seulement 45 minutes de trajet (versus 2h de bus). J’arrive tellement tôt à l’hôtel qu’Alice me saute dans les bras avec un « déjà ». Manu avait pronostiqué mon arrivée à 18h30.

C’était une très belle aventure, je suis comblé.

Ce trek est proposé par les agences en 2 jrs/1 nuit ou 3 jrs/2 nuits. L’itinéraire le plus classique est l’A/R Cabanaconde/Sangalle dans la journée ou avec en passant une nuit à l’Oasis. Les hébergements sont spartiates et pas très chers – environ 12 euros pour une « case » double. Les piscines (environ 2,5 euros) sont effectivement chaudes et font vraiment rêver même si je n’ai pas pris le temps de m’y baigner.

L’environnement du canyon est vraiment magnifique et les panoramas sont exceptionnels. On peut voir des condors en vol lors de la remontée. Faut-il encore avoir le courage de lever la tête.

Je regrette le ciel qui a été gris toute la journée pour les photos mais c’était plutôt une bonne option pour la randonnée.

Ce n’est pas dans nos habitudes de faire de la pub, mais il faut l’avouer, on a juste adoré notre séjour chez Emmanuel – Hotel Tradicion Colca. C’est surement le plus bel hôtel dans lequel nous avons résidé depuis de le début de notre aventure: le jacuzzi le soir, l’observatoire astronomique avec la découverte de ce monde fascinant, organisé par Emmanuel lui-même. La promenade de 4 heures, vers le site de Uyo Uyo était également incluse dans notre séjour, réalisée avec une guide parlant Espagnol et se terminant par une baignade dans les eaux thermales. Et cerise sur le gâteau, Emmanuel possède son propre centre équestre, Esteban y a passé quasiment tout son séjour.

Bref, vous l’aurez compris, on vous recommande chaudement de vous arrêter à Tradicion Colca sur votre chemin pour le Canyon de la Colca.

 

 

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