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L’ascension de mon Everest – Partie 1 Le Mont Taranaki

Le Mont Taranaki, la Perfection invincible

Dans le but de ne pas vous pondre un article trop long (et parce que je suis une fille vachement gentille), je vous l’ai coupé en 2 parties, aussi palpitante l’une que l’autre:

  • Partie 1: Le Mont Taranaki, la Perfection invincible (ouais je sais, un titre comme ça, ça déchire!)
  • Partie 2: Le Tongariro Alpine Crossing et plus si affinités! (et là, ça vous titille n’est-ce pas?!)

La Génèse (le pourquoi en gros!)

Je pourrais déjà vous en écrire des pages mais pour faire court (autant qu’une pipelette peut le faire, d’accord!): le sport et moi, ça a longtemps fait 2. Jusqu’au jour où j’ai rencontré Fred.
Avant lui, cela se limitait aux cours d’EPS à l’école, cours pour lequel je trouvais toutes sortes d’excuses pour avoir des dispenses. J’étais nulle, j’ai d’ailleurs des anecdotes pathétiques à ce sujet.

Bref, Fred a fait rentrer le sport dans ma vie et a su me le rendre sympa! Oh remarquez qu’avant je faisais déjà des « randos » avec mes parents dans l’Estérel (le superbe massif à la limite entre le Var et les Alpes Maritimes) et je me prédestinais déjà à l’époque à devenir « Ingénieur des eaux et forêts ». Ouais en effet, j’aimais à croire que ce métier consistait à se « balader » dans de superbes endroits et les protéger. Bref, j’aimais la nature, ça c’est sur. Mais le sport…. ce truc où on transpire et faut en baver, dépasser ses limites comme ils disent?? beurk, no way, pas pour moi!

Et Fred a su rendre ça fun. Petit déj en haut d’un sommet près de Toulon, rando dominant un lac d’altitude… Du kayak, de la rando, de l’escalade, du VTT, de la via Ferrata, et même du Canyoning et de la spéléologie.

Impossible de s’ennuyer avec lui (et de se reposer??? Dans une autre vie!) Fred est dans le partage, la découverte, pas dans la compétition. J’adore sa façon de concevoir le sport. Il se met en compèt avec lui-même, jamais avec les autres. Et toujours en Outdoor. En salle, le Fred, il meurt.

Bref, Fred c’est mon maître, car il m’a initié mais surtout car il envoit du lourd.  C’est le roi de l’explo (comprenez « exploration » pour les incultes – ne vous inquiétez pas, c’était mon cas jusqu’à il y’a peu!)

Il part à l’azimut, trace son chemin dans les ronces, la boue, rien ne le retient! (sauf la sécurité, un maître mot avec lequel il ne joue jamais)

Pour moi, il impose le respect mais chacun son niveau, pas vrai? Car moi je suis bien loin de ses exploits mais j’ai appris, grâce à lui, le plaisir de repousser ses limites, l’envie de se challenger, et le bonheur dans l’accomplissement de ses Everest.

En effet, chacun son Everest. Chacun son niveau. Le plus important, c’est d’essayer de se dépasser et de se faire plaisir surtout!

Bref, tandis que Fred réalise des rando de 2-3 jours en une seule grosse journée, moi, dans mon petit coin, le Tanaraki me fait doucement de l’oeil!. (oui, oui, un volcan, ça sait faire du charme, j’vous jure!)

Présentation de mon Everest – le Taranaki

Le Taranaki ou Mont Egmont (mais c’est moins beau) c’est un volcan sur l’Ile Nord de Nouvelle Zélande tout simplement doublement parfait! Si si c’est possible! Je m’explique: Il a cette superbe forme conique ET la forêt qui l’entoure forme un cercle quasi parfait autour de lui. Vu du ciel (voir de l’espace), cette zone est presque surnaturelle par tant de symétrie. Mais surtout le 1er mot qui vient en tête c’est « perfection ».

Rajouté à cela qu’il n’est pas forcément trop connu et vous vous doutez qu’il m’attire encore plus!

Topo: (à la sauce Alice) 😉

Le Taranaki culmine à 2 518m, c’est le 2ème plus haut sommet de l’Ile Nord de Nouvelle Zélande.

Il est annoncé en 5-6 heures d’ascension et 3-4 heures de descente. La montée est TRES raide. Le trajet fait 6,4km. En soit, ça ne parait pas important … et pourtant!

Le centre d’info, au niveau du parking de l’entrée, se veut informatif et dissuasif pour le non-initié.  « êtes-vous prêt à l’affronter? ». Sans équipement, c’est inenvisageable. Ils donnent la liste du matériel recommandé, et surtout indique la météo du lendemain: vent, pluie, nuage. Le combo gagnant! ça s’annonce bien! 😉 Mais ça me titille encore plus!

Le soir, je regarde le film Everest. Je sais bien que mes conditions d’ascension n’ont rien de comparable mais je me délecte des superbes paysages du début du film et je médite sur la violence de la montagne, la dureté implacable de la nature.

Je retiens la phrase « la compétition, ce n’est pas entre toi et les autres, c’est entre toi et la montagne, et dis toi bien qu’elle aura toujours le dernier mot. »

Avec toutes ces émotions en tête, je tente de m’endormir pas trop tard (peine perdue, je suis surexcitée!). Demain, mon Everest à moi m’attend!

En route pour le Tanaraki!

Je me lève vers 7h, prends un petit déj et c’est parti, je suis toujours surexcitée! Mais j’ai aussi le ventre noué. Je croise 2 touristes qui ont dormi là eux aussi pour faire cette ascension tôt le matin. Ils décident de ne pas se lancer car ils ne sont pas équipés. Je trouve leur décision sage et humble.

Moi j’ai la totale!

Mon équipement

  • le pantalon de rando
  • mon leggings de jogging en dessous
  • un tee shirt manche longue anti transpirant
  • un pull très chaud
  • une veste type gore tex
  • les batons de marche
  • mes chaussures de rando gore tex

Dans mon sac

  • de l’eau (2litres)
  • des barres de céréales
  • 2 pommes
  • un chapeau
  • lunette de soleil
  • crème solaire
  • un 2ème tee shirt pour changer le 1er arrivée au sommet (c’est qu’on transpire ma brave dame!)
  • un bonnet
  • des gants et des sous gants (car Madame est délicate!!)
  • la trousse de secours
  • des guêtres

La montée commence directe très raide et rapidement, je m’arrête pour retirer mon gros pull. Je tente de trouver mon rythme et de ne pas me précipiter dès le début même si c’est tentant. Je me réserve pour la suite, je m’économise.

La forêt luxuriante du début fait peu à peu place à une végétation bien plus rase, les arbres deviennent des arbustes tandis que le vent s’intensifie. La nature s’adapte aux éléments et il n’y a bientôt plus que des buissons ras.

1 heure de montée sans aucun plat. Pas de repos possible. Le vent fait danser la brume devant moi et un épais brouillard m’entoure la plupart du temps me laissant une visibilité bien maigre.

Difficile dans de pareilles conditions de deviner le parcours, de projeter un éventuel virage, une montée plus raide. J’avance et découvre au fur et à mesure.

30 min de plus et j’arrive au 1er repère de cette ascension: une antenne télé et un refuge.

Mes jambes ont bien chauffé et me brûlent un peu. Devant la hutte, 2 jeunes se réchauffent. Attendent-ils une météo plus clémente pour monter? Ou ont-ils passé la nuit-là et préparent-ils leur redescente?

Je ne le saurais pas car je veux me préparer rapidement pour la suite qui s’annonce plus dure. Je me mets de côté et tout en devinant – entre quelques passages de brumes – les prochaines étapes. Je sors mon artillerie lourde!

En effet, le vent souffle de plus en plus fort et me glace malgré ma gore tex. Je rajoute même une polaire tour de cou jusqu’au dessous de mon nez, je dois avoir la classe internationale comme ça mais au moins je suis protégée du froid!

Je suis plus motivée que jamais et j’ai l’impression que je pars à la conquête de ma montagne.

Face à moi, des escaliers me narguent. Enfin quand j’arrive à les voir! 😉 Le paysage que je devine autour de moi est lunaire, presque fin du monde.  Le vent souffle fort. La brume recouvre tout et ne m‘offre que très peu de visibilité. C’est à la fois nouveau et déstabilisant pour moi de monter dans ces conditions. Ne rien voir ou se contenter de deviner le paysage a un côté frustrant. Cela nécessite une concentration plus importante.

Quand les éléments se déchainent et t’en veulent!

La pluie décide alors de s’inviter à la fête. (j’avais vraiment besoin d’elle tiens!)

Bizarrement, face à tous ces éléments qui se déchainent, je me sens l’heureuse et unique spectatrice d’un show magnifique, d’une démonstration de force et de toute puissance qui remet l’humain à sa place. Je m’interroge quand même sur les dangers potentiels ici.

Certes, pas de raréfaction d’air ici ni de crevasses cachées par la glace mais une chute potentielle de rocher, oui! Ma propre chute, oui!

Je dois me concentrer sur chacun de mes pas car le sentier n’en est pas un et se faufile à travers des roches de lave. En effet, les escaliers ont rapidement fait place à ces pierres volcaniques aux arrêtes si coupantes et aux contours si imprévisibles.

La visibilité est toujours aussi mauvaise avec ce brouillard omniprésent. Impossible donc de deviner ce qui m’attend plus haut. Je réalise à quel point le mental compte car cela est un peu décourageant. Monter dans l’absence de repère, dans une terre inhospitalière, avec le vent et la pluie, c’est assez déstabilisant. A la moindre fugace éclaircie, l’envie me démange de regarder plus haut. Sauf que j’en oublie alors de regarder où poser mes pieds! Concentration. Mot clé pour une ascension. Déchiffrer le terrain, écouter les éléments. Tout ça demande de l’énergie.

Les escaliers sont de retour. Sur une crête balayée par les vents.

Un couple est devant moi. Je les entraperçois de temps en temps. D’autres me suivent mais impossible d’établir à quelle distance de moi ils se trouvent tellement le brouillard est dense.

Les escaliers laissent place à une montée dans un sable volcanique. Concrètement, tu avances de 3 pas, tu recules de 2! C’est dure physiquement et moralement aussi.

La pluie s’intensifie tandis que le vent rugit plus fort et me glace malgré mon équipement.

Je ne peux m’empêcher de penser aux personnes qui prennent ce genre d’ascension à la légère sans réaliser à quel point le temps peut vite changer dans les montagnes. Pas besoin de partir à l’assaut de l’Everest pour le réaliser. La montagne est versatile, rarement prévisible et potentiellement dangereuse.

Je suis fatiguée et je n’ai aucune idée d’où je me situe dans l’ascension car je ne peux voir aucun repère. J’ai froid. Je continue à grimper à mon rythme mais je sens que je ralentis. Je me concentre sur chacun de mes pas.

Le doute s’installe

Le couple devant moi a fait demi tour et je les retrouve. Ils me disent que pour eux, cela ne sert à rien de monter dans ces conditions. Même une fois arrivés au sommet, ils ne verront rien, ce qui est le but de leur aventure.

Je les comprends car moi aussi j’aurais voulu être en haut de ce sommet pour contempler le reste du monde depuis mon promontoire. Contempler le brouillard, ça a moins de charme, il faut le reconnaitre! Mais j’avais aussi pour but de gravir ce sommet, de réussir l’ascension de mon Everest, joli point de vue en haut ou non.

Je dois reconnaitre que leur demi tour me laisse perplexe. Il était appréciable pour moi de les avoir en repère, même fugace, devant moi.

Nous sommes alors rejoins par un allemand qui tentait l’ascension lui aussi. Le couple redescend, je lui explique les raisons. Et tandis que nous pesons les pour et les contres (comme s’il y en avaient!), un autre couple nous rejoint. Ils sont mal équipés, la jeune fille semble frigorifiée mais lui, bien décidé à monter coûte que coûte.

J’hésite encore. Je vois bien que ces 2 là sont plus rapides que moi. Si je continue l’ascension, je serais seule pour la descente car ils seront déjà bien loin. Je n’aime pas trop cette idée. J’aime avoir la sensation de partir conquérir cette montagne « seule » mais j’apprécie aussi d’avoir d’autres personnes en repère.

Mon Everest … invincible

Le jeune Allemand est dans l’incertitude, comme moi. Il avait très envie d’aller là-haut mais pour ne rien voir, ça ne le tente pas trop… Il y a un peu l’effet mouton là-dedans faut le reconnaitre. Tu vois d’autres personnes redescendre, tu te dis que ce serait peut-être plus raisonnable de faire autant.

Il sont 2 et font demi tour et moi toute seule, je le tente? Ce n’est pas un peu fou?

ça y’est le doute est en moi! Dure de prendre une décision mais le temps presse. A l’arrêt, le vent glace encore plus et passe à travers toutes mes couches de vêtements. Il faut trancher.

Le demi tour de ce couple a ouvert une brèche dans mon mental (je n’ai clairement pas celui de Fred). Je décide donc de faire demi-tour, accompagné du jeune Allemand.

J’ai de nouveau la boule au ventre.

Tandis que nous redescendons, je passe mon temps à m’arrêter et faire demi tour pour tenter de contempler la montagne. Pour mieux accepter mon échec. C’est en vain. La météo ne s’améliore pas et mon amertume est toujours là.

Parallèlement, la descente exige une grande concentration au milieu de ses roches volcaniques. Malgré mes batons, j’ai bien failli tomber à plusieurs reprises.

Arrivés à l’antenne télé, on se retourne et soudain, la montagne nous apparait. Elle nous nargue dans sa splendeur. C’est quelque chose d’assez indescriptible de voir cette beauté surgir des nuages, entre 2 éclaircies. Je m’arrête pour la contempler et un nouveau doute s’empare de moi.

Je tente de remonter?

C’est tentant et en même temps, quand tu as entamé ta descente, ton mental est en mode « retour » pas « conquête d’un sommet ». Et puis il y’a le timing aussi, il faut remonter et garder du temps et de l’énergie pour la descente. Ais-je le temps et les forces? Comment évaluer ça? Je n’en sais rien!

Mais surtout, ce doute n’est que fugace car le brouillard entoure bientôt de nouveau le sommet. La météo est changeante. On ne peut que parier sur la visibilité une fois arrivé au sommet. Et visiblement ni le jeune Allemand ni moi sommes doués pour les jeux de hasard. Je passe mon tour.

C’est décidé, je ne me retourne plus. Je ne veux plus vivre ces montagnes russes de doute. J’ai pris ma décision et même si je la regrette en partie, je dois l’assumer. Je continue la descente seule et en mode rapide.

La descente me plonge en avant à de nombreuses reprises et je réalise à quel point la pente est abrupte.

Je trace autant que je peux. Mes genoux me signalent clairement que la descente est trop raide. J’ignore le signal et continue. Je veux en finir avec cet échec. Tourner la page. J’arrive à la fin et entend la voix de mes enfants. Reconnaissables entre toutes. Ils jouent près du van avec Fred. Je décide d’aller au centre d’info pour en savoir plus sur la montagne.

Coïncidence, ils passent une vidéo sur les grimpeurs du coin et notamment l’un d’eux qui a perdu sa vie au cours d’une ascension de l’Everest. Il apparait justement dans le film éponyme, sauf qu’on le présentait à tort de Queenstown (Ile Sud).

L’Everest. Lui il y a laissé sa vie. Moi mon Everest n’est rien et en même temps c’est déjà beaucoup pour moi. Il m’a montré le côté humble que l’on a face à la montagne, l’importance du mental… J’ai surtout un gout amer en moi, une sensation d’inachevé.

Quand j’arrive vers Fred, je comprends qu’il ne m’attendait pas si tôt et lui comprend que j’ai fait demi tour avant la fin. Pas besoin de se parler.

On part dans la foulée vers le Tongariro, une chaine volcanique ultra connue de la Nouvelle Zélande qui offre de sublimes paysages.

En chemin, et tandis que j’étais muette jusqu’alors je dis posément à Fred que je veux revenir ici et refaire cette montée. Je veux arriver au bout. Je ne suis pas une sportive de compétition mais une vraie tête de mule, ça oui!

Malheureusement pour moi, cela nous imposerait un trop gros demi tour de revenir ici. Il va falloir trouver autre chose.

La suite? La partie 2 de mon Everest c’est pour tout bientôt! Vous me suivez dans mes aventures?

Et vous quels sont vos exploits?

 

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