Plus de 4 000 lagunes au Pérou, toutes avec un nom qui leur est propre mais pour des raisons pratiques on les a aussi numéroté. Et vous savez quoi ? Une qui n’avait pas de nom propre, c’est la lagune 69, bizarre, bizarre ! (ben tiens !) Donc bilan, on a fait « local », on a fait comme tous les autres (à défaut d’être original sur ce coup là) on a tenté de vous trouver un titre « hot »! Nous on a décidé de souffler le chaud froid!

En plus de la lagune Llanganuco, on a réservé 2 autres tours (hé oui on est comme ça, on aime se faire mal). Et comme on est sympa et que c’était sympa, on partage avec vous!

Lagune 69, c’est quoi?

La Lagune 69, c’est donc un lieu mythique ici. Le hic: ça prend 5h aller/retour, avec de la bonne montée, donc avec les enfants ça semble compliqué. Mais nous sommes des fous alors on met le réveil à 5h15 (ça pique les yeux!) et direction la gare des bus. On poirotte (comme d’hab j’ai envie de dire). On monte dans un minibus et c’est l’invasion des français. Mais des français super sympas alors ça fait plaisir de repapoter en français. Pas loin de 3h de bus. On est arrivés au départ de la rando pour la Lagune 69.

Ca commence par une belle plaine, avec des chevaux, donc on avance tranquille. Esteban est ravi de marcher et de parler français donc il ne voit pas trop le temps passer. Puis on se laisse quand même distancer (on doit compter les vaches, chercher des bâtons…). Et puis là, grosse montée. Esteban grimpe sans rechigner mais on voit qu’il commence à arriver au bout et nous avons le retour à prévoir.  On se cale là avec les enfants, on sort les jouets et Fred continue l’ascension jusqu’à la Lagune 69 tout seul. Il court presque et rattrape vite le reste du groupe. (est-ce que je peux continuer de dire que mon mec, il est trop fort?)

Mon exploit (physique et psychologique) à la Lagune 69

Oui car après tout, Fred a ses explorations mais moi aussi je me dépasse!  Fred revient avant même que notre groupe redescende. Il va gérer les enfants pour le retour (au passage, ça veut dire  le sac-porte bébé avec Ruben dedans – donc 18 kg – plus mon sac à dos et Esteban a ses côtés!).

Moi je file à la Lagune 69, enfin j’essaye. J’ai un peu le souffle court et le chemin enchaine de nouveau sur un petit raidillon avant une nouvelle plaine. J’ai les bâtons de marche et je m’en sers pour me donner de l’impulsion et un rythme à chaque pas.

Une dernière – grosse – montée à faire. Je commence à voir des gens redescendre. Ils me regardent d’un air « oh la pauvre elle n’en est que là, elle va pas bien vite… ».

Plus loin, une petite blondinette israélienne et son body builder de mec. Elle me regarde et sourit puis me sort: « dommage c’est fermé là haut ». Et s’en va en rigolant.
Moi j’en chie bave dans cette montée et son humour (douteux) me fous les nerfs! Je lui aurais bien donné un coup de bâton mais je vous l’ai dit son mec, c’est un tank!

Ca parait tout bête, mais la frustration est grande de faire ça dans le sens inverse des autres: ils descendent peinards et toi tu es sans souffle en train de monter! Donc faut pas me chercher!

Viens un autre groupe d’Israéliennes. Théoriquement, la politesse en montagne veut que celui qui monte soit prioritaire. Visiblement, elles ne connaissent pas cette règle et me bousculent allègrement (le chemin est petit). Je leur sors en Espagnol que je suis prioritaire: aucune réaction. Alors, dans un élan de désespoir, je sors en français « putain de merde, vous n’avez aucun sens de la politesse ». (sur ce coup là, moi non plus) Une se retourne mais trace quand même. Pff!!!

Heureusement, je croise 2 des françaises de mon bus (Manon et Johanna) et Manon – adorable – me sors « ouahou t’es déjà là?!! Ne parle pas, perds pas ton souffle, mais chapeau! Courage, t’es plus très loin! »

Alors ça, ça rebooste.

Un peu plus loin, je croise de nouveau une française, Emma, qui me tend spontanément sa bouteille d’eau.

Ca fait du bien!

Et enfin, peu avant le sommet, je croise Elodie qui m’attendait pour redescendre avec moi!

J’ai trop d’la chance! (vous avez vu cette escalade de bonheur?) 😉

Encore un peu de montée pour la Lagune 69 et là c’est le drame (punaise, quel suspens!).  Alors que pour moi, je suis au bout de mes forces, je constate qu’il faut encore avancer – certes à plat – mais avancer quand même. J’en peux plus, je vais finir à genoux…

Je tire dans mes dernières forces et poursuis jusqu’à la Lagune 69. Et là, récompense ultime! Je l’ai pour moi toute seule! Le spectacle est magnifique! Pas un seul bruit, je contemple. C’est vrai qu’elle est drôlement belle cette Lagune 69!

Puis j’entends un grondement: une avalanche de pierre. J’ai l’impression que la Lagune 69 m’a réservé un spectacle (oui je suis comme ça, je pense que la Lagune est vivante et qu’elle m’aime!). Je suis  heureuse, le bonheur c’est simple!

Au retour, avec Elodie, je parle (tiens c’est étonnant, je sais! Mais dixit Elodie elle-même, c’est une vraie pipette elle aussi, elle souffre juste du mal d’altitude), je lui raconte ma vie, ça fait du bien.

Dernière petite montée et on est applaudit par Fred et les enfants. Notre bus et nos équipiers nous auront attendu sagement.

Du côté des mecs, la redescente c’est super bien passée. Les français (encore eux) ont porté mon sac à dos et Esteban a fait l’éclaireur pour son père.

Dans le bus, c’est Fred qui papote avec Emma, le courant passe tellement bien! (on va même la retrouver en Equateur, cool!)

C’était top d’aller voir cette Lagune 69, nous sommes super fiers d’Esteban qui a assuré comme un chef. Et puis honnêtement, nous sommes aussi fiers de nous 2, c’était un challenge!

http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=7960044 

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