Le volcan Tungurahua (5023m) qui domine la ville de Baños, est un stratovolcan parmi les plus actifs de l’Equateur. Alors qu’il était absolument calme depuis 1925, le volcan est à nouveau entré dans une phase active depuis août 1999 entraînant le 15 octobre l’évacuation des 20 000 habitants de la ville de Baños et de ses environs .

L’activité s’est poursuivie à un niveau moyen jusqu’en mai 2006, puis elle s’est considérablement accrue avant de connaître de nouveaux paroxysmes qui se sont traduits par de violentes éruptions le 14 juillet et le 16 août 2006.

Depuis, l’activité volcanique est relativement continue en 2012 et 2013, avec plusieurs évacuations de populations locales, décembre 2012, juillet 2013, ainsi qu’en février 2014. L’activité a repris en avril 2015.

A Baños, il y a une foule d’activités proposées par d’innombrables agences : parapente, randonnées à cheval, escalade, VTT, saut à l’élastique, moto, buggy, canyoning, etc…

En arrivant, Alice part en quête d’informations auprès de l’Office de Tourisme et des agences. Elle revient en me disant qu’il n’y a pas vraiment de proposition intéressante pour moi dans les agences. La sortie canyon comprend la descente de 6 cascades pour débutants et il n’y a pas de grands treks car l’ascension du volcan est interdite à cause de l’activité volcanique.

Elle me ramène quand même une superbe carte du secteur avec les différentes promenades. Fidèle à mes habitudes (Comment faire pour trouver mon chemin pendant le voyage), je l’étudie pendant des heures. Mes yeux reviennent sans arrêt sur le chemin qui mène au volcan. Je dis à Alice que si il y a une explo que j’ai envie de faire ici, c’est la montée vers le volcan. En réalité, c’est autorisé jusqu’à un refuge à 3800m.

Je me renseigne pour trouver un taxi pour m’emmener au point de départ du chemin très tôt le matin. J’en parle à la gérante de mon hôtel, pour savoir comment sortir de l’hôtel en pleine nuit, qui appelle aussitôt son mari au téléphone car il est guide touristique. Il me donne rendez-vous à 21h à l’hôtel pour parler avec moi. J’accroche tout de suite avec lui (Hernan Rivera de l’agence Rahautour à l’hôtel Santa Maria).

Il me dit qu’il peut m’emmener jusqu’à la communauté de Pondoa à 2497m. Il faut absolument un véhicule tout terrain et les taxis ne peuvent donc pas monter. Le volcan est très tranquille en ce moment et je peux même monter jusqu’au sommet sans risque.

On se met d’accord sur 10 dollars pour le service et pour un départ à 4h45 le lendemain matin.

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En sortant de l’hôtel, on se rend compte que c’est une journée magnifique pour l’ascension. Il n’y a pas un nuage et des étoiles dans tous les sens. Il faut dire qu’il avait plu tous les jours depuis notre arrivée. Hernan m’avoue pendant le trajet qu’il regrette que je fasse l’ascension aujourd’hui car il aurait aimé venir avec moi mais il doit travailler.

Il me raconte sérieusement ses expériences avec les petits hommes verts. Il a vu 2 fois des soucoupes volantes au dessus du volcan. Il est 5h du matin et je commence à imaginer que je vais voir des extra-terrestres pendant ma rando. Heureusement que j’ai pris mon appareil photo ! Je vais vivre une expérience inoubliables. Voir la vidéo sur YouTube

Hernan ne peux pas monter plus haut avec son 4×2 alors il me dépose vers 5h15 au pied d’un petit chemin entre 2 champs et m’indique gentiment la voie à suivre pour rejoindre l’entrée du parc 30 minutes plus haut. Je file dans la nuit par ce chemin chaotique à la lueur de ma lampe frontale.

En arrivant à l’entrée du parc, le jour se lève et je découvre le sommet du volcan (unique fois pendant ma journée et mon séjour à Banos). Il y a aussi une belle vue sur le volcan Chimborazo (6278m), le volcan le plus célèbre d’Equateur.

Le bâtiment de l’entrée du parc est complètement délabré et il n’y a aucun panneaux d’informations. Je cherche le chemin d’accès  et continue sur la piste en photographiant le lever de soleil. Au bout d’un moment, je trouve que je m’éloigne un peu trop de la bonne direction. Mais je n’ai vu aucun chemin en dehors des entrées de champ.

A cela ne tienne, je prends le premier chemin qui part à gauche et je coupe à travers les champs et les vaches en visant le sommet. Evidemment les herbes sont mouillées et je suis vite trempé jusqu’aux cuisses. En sautant une dernière clôture, je trouve enfin le bon chemin.

Le chemin monte assez raide mais je suis bien en forme ce matin. Il passe dans des tunnels végétaux incroyables où il fait très sombre.

 

Après 3 heures de marche, j’arrive au refuge à 3800m. Une rapide visite m’indique que des personnes ont dormi là et sont partis vers le sommet ce matin. C’est une bonne nouvelle car je ne suis pas seul… Je ne sais pas pourquoi mais j’imagine un femme américaine avec son guide. Je me dis qu’il est encore tôt et que je peux avancer encore un peu vers le sommet.

Le chemin après le refuge est très difficile à trouver car la végétation est luxuriante et peu de personnes passe là. Il faut se faufiler dans des petits buissons et imaginer le cheminement le plus évident. Je plante mes bâtons devant moi pour vérifier qu’il n’y a pas de trous sous les plantes et mettre mes pas en sécurité.

Après quelques dizaines de minutes, le paysage devient uniquement minéral avec de petites ravines. Le brouillard commence à arriver. Je pense à mon retour et je commence à construire des petits cairns tous les 30m et à tracer des flèches avec mon bâton dans le sable volcanique. Après 100m, je retrouve la trace de « l’américaine » que je vais suivre jusqu’au sommet.

La progression est très difficile dans le sable volcanique avec la très forte pente. Imaginez grimper la dune du Pilat à 5000m d’altitude dans le brouillard et le froid. Le vent fait rapidement disparaitre les traces alors je dois lever la tête et me concentrer sur mon cheminement.

Je suis fatigué mais je vois au loin dans le brouillard un drapeau. C’est sans doute l’arrivée au 5000m… DEJA !

Je me motive et avance pour découvrir un bonnet sur un bâton. Rien à voir !

Je suis bien physiquement. J’entends une douce mélodie… C’est la chute des petits cailloux sur la pente sous les pieds de mes prédécesseurs. En le réalisant, je m’écarte de leur chemin pour éviter de me faire percuter par un plus gros cailloux qui dévalerait la pente.

Enfin, j’aperçois mes compères. Ils sont en fait 5, j’entends leurs voix. Le premier fait la trace et encourage les 2 derniers à la traine. J’arrive à 4900m et je dois traverser des neiges éternelles. Ca glisse un peu mais ça passe bien! Je commence à entendre le volcan gronder avant d’arriver sur la caldeira. Encore quelques mètres et me voilà au bord du cratère et des fumerolles après 6h de marche et 2500m de dénivelé.

Je tente de m’assoir pour me reposer et manger mais je me brûle les fesses car le sol est très chaud! J’échange quelques mots avec l’autre groupe (2 filles et 3 garçons de Banos et Quito) et me mets à la recherche des petits hommes verts dans le brouillard. Rien à droite, rien à gauche… Je suis déçu!

Je redescends rapidement avant les Equatoriens car il me reste beaucoup de distance et je préfère ne pas subir leurs chutes de pierre à la descente.

Le début de la descente est très rapide. Je saute comme en ski dans le sable et dévale la pente avec les cailloux et le sable roulant sous mes pieds. J’arrive en 1h30 au refuge puis en 3h à mon point de départ. Je cherche un téléphone à Pondoa pour prévenir Alice que tout va bien et que je vais être un peu en retard sur le programme mais tout est fermé. Finalement c’est un homme à cheval qui va me louer son téléphone.

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Le cowboy au téléphone portable

Il me faudra ensuite plus d’une heure pour rejoindre Baños à 1800m d’altitude après 10 heures de rando.
Au final, 2 500m de dénivelé positif suivi de 3 500m de dénivelé négatif. (à la montée, j’ai été déposé à Pondoa, je suis en revanche redescendu jusqu’à Banos)

 

Conseils

  • Il faut bien se renseigner sur l’activité du volcan avant de partir. Il paraît que l’on entend son grondement de Banos quand il est en activité importante.
  • L’utilisation de bâtons a été indispensable à la progression surtout à la fin dans le sable volcanique.
  • Le refuge est ouvert et gratuit. L’option de faire l’ascension en 2 jours me parait intéressante – en partant en fin d’après-midi car il n’y a rien à faire là-haut.
  • Le départ peut se faire de Banos mais le chemin pour rejoindre l’entrée du parc n’est pas très intéressant.
  • Il faut prendre suffisamment d’eau car il n’y a pas moyen de se ravitailler.
  • Pour trouver la suite du chemin à partir du refuge, il faut retourner en arrière sur 20/25m et passer un dizaine de mètres au dessus du refuge. J’ai eu du mal à trouver.

 

 

 

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