En arrivant à Cuenca, j’entends parler d’un parc naturel exceptionnel à 40 km de la ville. Je trouve quelques infos sur le site Etapa.net mais absolument aucune carte me permettant de choisir parmi 5 chemins autorisés (de A à E – entre 20 mn et 1h45) ou  8 boucles autorisées (de 1 à 8 – entre 3h30 et 14h de marche). Il y a un des bénévoles de l’hôtel qui me dit qu’il adore le parc et que je dois mixer plusieurs petits chemins.

 

Bref, je pars de l’hôtel à 5h30 du matin pour prendre le 1er bus pour Guayaquil au terminal à 6h20 sans avoir déterminé ce que je vais faire. Dans le bus je demande à mon voisin où je dois descendre car il ne faut surtout pas râter l’entrée du parc et demander au chauffeur de s’arrêter au bord de la route pour descendre. Celui-ci m’avertit qu’il fait très froid dans le parc et que c’est très dangereux car beaucoup de randonneurs se sont perdus... Ouah! Ca y est j’ai le moral dans les baskets… Et si moi aussi je pouvais me perdre ? Est-ce que je fais bien de venir là tout seul ? Est-ce que c’est prudent ?

 

J’arrive à 7h30 à l’entrée du parc mais l’enregistrement n’ouvre qu’à 8h (le parc est gratuit mais il faut s’enregistrer). J’attends quelques minutes et un gardien sort et m’invite à rentrer dans le bureau. Je lui dis que j’avais pensé faire la boucle 8 de 8h mais comme je n’ai pas d’infos, j’allais faire quelques chemins de 3/4heures. Il me répond qu’il est tôt et il me conseille un itinéraire super sympa. (Il m’avoue quand même qu’un touriste est venu la veille vers 12h et qu’avec le mauvais temps il est ressortie vers 21h30 du parc. Il avait dû se perdre !Oups!)

 

Je dois commencer le parcours 6 puis rejoindre le parcours 7 à la moitié (le 7 c’est celui qui fait 14h en 2 jours) puis tourner à gauche pour ressortir à une autre entrée du parc. Le parcours fait plus de 24km entre 4100m et 3160 d’altitude.

 

Il me regarde de la tête aux pieds et m’annonce  » Pour toi ça va mettre 7 heures, le seul problème c’est si le brouillard se lève, c’est difficile de trouver le chemin« . Ok, je suis chaud bouillant! « Vous avez une carte de l’itinéraire? Non! Mais vous pouvez prendre en photo la carte qui est au mur ! » Ben évidemment, j’y avait pas pensé! C’est super pratique! Ben, on n’a qu’a faire comme ça!

 

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Il m’indique le chemin à suivre pour trouver le début car il n’y a pas de balisage. Je dois remonter la route sur 500m et tourner à droite en direction de Burines. Le début du chemin est extrêmement boueux. Je dois passer dans les herbes au dessus de celui-ci et j’ai très rapidement les pieds trempés. Après 45 minutes de montée, j’arrive à un col avec une vue sublime sur une sorte de steppe avec des dizaine de lagunes, des chevaux et des lamas en liberté. Le balisage est toujours absent alors j’avance à l’azimut par le chemin le plus évident (là où l’herbe est la plus couchée car il n’y  a pas de vrai chemin).

 

J’arrive enfin à un chemin avec un balisage. C’est le fameux parcours 7 qui traverse le parc. Je dois aller à gauche mais le panneau indique 8,5h et parcours difficile. Je viens déjà de faire 1h30 de marche rapide. Est-ce que le gardien s’est planté? As-t-il déjà fait ce parcours ? Il me reste encore beaucoup de temps avant la nuit alors je me lance sur le parcours.

 

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Je traverse des grands espaces magnifiques. Il n’y a absolument personne et le chemin est terriblement boueux mais incroyablement sauvage. Les marquages sont très discrets, les aménagements très simple. C’est un environnement très préservé comme je les aime. Le brouillard arrive rapidement sur les sommets mais mon cheminement parait assez évident entre les montagnes. Il y a beaucoup d’eau et je dois sans cesse traverser des ruisseaux et des zones humides en cherchant le meilleur passage avec les touffes d’herbes et les cailloux.

 

Je ne rencontre aucun animaux mais il y a des fleurs et des mousses d’une rare beauté. Je prends quelques minutes pour faire des photos.

 

J’ai pourtant la réputation d’être comme une chèvre et de passer partout (canyoning, spéléo), j’ai mes fidèles bâtons de marche mais là je suis tombé 3 fois en glissant sur les hautes herbes ou dans la boue. (et j’ai évité une dizaine d’autres chutes) Le parcours est très fatigant car il faut sans cesse chercher où mettre ses pieds et le meilleur passage à emprunter.

 

A partir de la lagune Taitachugo, le chemin monte franchement dans un ruisseau. Mouillé pour mouillé je marche dans l’eau. En arrivant au col, la végétation change complètement et j’aperçois de la forêt puis des magnifiques prairies avec un grand lac. C’est la sortie du parc au lac Llaviucu. J’estime à 1h30 le reste de mon parcours. ERREUR!
Le chemin continue dans cette forêt qui s’avère rapidement être une jungle. Je dois descendre directement dans le ruisseau et dans la boue. Je galère, je tombe et retombe (gentiment). Heureusement que j’aime ça!

 

 En arrivant aux belles prairie, je crois être sorti d’affaire mais la boue est encore plus présente et je dois passer dans les herbes hautes pour m’en sortir.

 

J’arrive enfin à la sortie du parc après 6h d’effort. Je demande au gardien si le chemin est toujours comme ça ou si c’est à cause de la saison? Oui, c’est toujours comme ça! Ben ok! C’est chouette!

 

Ah! Il me dit aussi qu’il faut 30 minutes de plus pour rejoindre la route principale. Le chemin est fait en galets. Bonjour les chevilles. En arrivant à la route, je fais quelques étirements en tendant le pouces et en 15 mn, j’embarque pour le retour vers Cuenca.

 

Conseils

  • Je suis parti avec un petit sac en version très légère et je n’imagine pas ce parcours avec un sac de 18kg.
  • L’utilisation de bâtons a été indispensable à la progression.

Le circuit

  • Départ du refugio Toreadora
  • Chemin N°6 en direction de Burines
  • Au croisement avec le chemin 7 et 8, à gauche
  • Tout droit sur le chemin 7 jusqu’à la sortie du parc Llaviucu

Vous connaissiez ce parc en Equateur?

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